L’Affaire Marie-Claire : retour sur le procès de Bobigny

À l’automne 1971, Marie-Claire Chevalier, une lycéenne de seize ans se fait violer par un camarade de classe. Quelques mois plus tard, elle s’aperçoit qu’elle est enceinte, et demande à sa mère de l’aider à avorter. Cette dernière accepte et, aidée par une amie, elles se rendent chez une “faiseuse d’anges”, qui pratique l’avortement, encore lourdement réprimé pénalement. C’est le violeur lui-même qui dénonce Marie-Claire aux autorités.

L'AFFAIRE MARIE-CLAIRE
L’AFFAIRE MARIE-CLAIRE © Marie-Camille Orlando / 2026 – QUAD – FAM – ADNP – GAUMONT – FRANCE 3 CINEMA

Lorsque les deux femmes se mettent en quête d’une défense, Michèle Chevalier se souvient du livre Djamila Boupacha, sur une militante du FLN, violée et torturée par l’armée française. Le livre est coécrit par Simone de Beauvoir et l’avocate de la victime, Gisèle Halimi. Militante anticolonialiste franco-tunisienne, elle soutient très tôt l’indépendance de l’Algérie, la cause palestinienne, mais aussi celle des femmes. Gisèle Halimi accepte de défendre cette employée de la RATP et sa fille, mais prend le pari de faire, non pas le procès de deux femmes, mais le procès d’une loi.

La stratégie de l’avocate consiste notamment à médiatiser le procès, soutenu par des associations féministes comme Choisir, en y faisant venir des personnalités publiques, Delphine Seyrig en tête. Le 8 novembre 1972, après une plaidoirie historique de Gisèle Halimi, le verdict est rendu : c’est une victoire, les accusées sont toutes, ou relaxées, ou condamnées à une peine avec sursis.

Le procès de Bobigny aura un impact considérable, trois ans plus tard, sur la Loi Veil de 1975, qui a officiellement dépénalisé l’IVG en France.

Source: L’Affaire Marie-Claire : retour sur le procès de Bobigny

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