Cinéma et audiovisuel, enjeux majeurs de la démocratie européenne

Source: Ecran Total

LES ARCS 2025 – La députée européenne Laurence Farreng (Renew Europe) a alerté sur les menaces pesant sur le cinéma et les médias européens lors d’un panel dédié durant les Arcs Films Festival. Dans un contexte de tensions nombreuses, l’élue plaide pour une préservation de la diversité culturelle et de la démocratie dans l’Union européenne.

Laurence Farreng

La députée européenne (Renew Europe) Laurence Farreng (à droite) est intervenue à l’occasion d’un panel de l’Industry Village.

Présente à l’Industry Village des Arcs Film Festival le 14 décembre, la députée européenne Laurence Farreng (Renew Europe) a livré un état des lieux des enjeux culturels et démocratiques auxquels fait face l’Union européenne. Invitée du panel “Promoting European Cinema and Democracy in the Future Media Programme”, l’élue, membre de la commission Culture et Éducation du Parlement européen, a rappelé combien le cinéma et les médias audiovisuels constituent aujourd’hui un pilier de la démocratie européenne.

“Nous sommes à un moment particulier pour le cinéma européen, venant de menaces extérieures comme les USA avec Trump, Netflix… Mais aussi de l’intérieur avec la culture et l’audiovisuel qui ne sont pas souvent les priorités des pays”, a analysé Laurence Farreng. Dans ce contexte, la députée a insisté sur le fait que la démocratie européenne était “mise à l’épreuve”. À l’intérieur de l’UE, la montée des atteintes à l’État de droit — notamment en Hongrie — fragilise la liberté artistique et la création indépendante. En dehors des frontières de l’UE, les ingérences informationnelles venues de Russie, amplifiées par l’usage de l’intelligence artificielle et des fausses informations, pèsent sur les processus électoraux et le pluralisme médiatique. 

La directive SMA en question

À ces menaces s’ajoutent des tensions commerciales croissantes avec les États-Unis. La députée est revenue sur les attaques répétées de l’administration américaine contre les régulations européennes, en particulier la directive Services de médias audiovisuels (SMA), qui impose aux plateformes un quota de 30 % d’œuvres européennes. Un dispositif considéré par les grands studios américains comme un frein au commerce, mais que Laurence Farreng juge essentiel pour préserver la diversité culturelle. “Rouvrir le texte comporte aujourd’hui plus de risques que d’opportunités”, a-t-elle prévenu. Elle défend le maintien des quotas et des obligations d’investissement dont la France“a tiré le meilleur parti”.

La discussion a également porté sur les mutations numériques. L’intelligence artificielle cristallise de fortes inquiétudes, notamment sur le respect du droit d’auteur. La députée travaille actuellement sur un rapport dédié à l’IA et aux contenus culturels, plaidant pour une rémunération des créateurs. Autre sujet sensible : le géoblocage, régulièrement remis en cause au nom de la libre circulation des contenus, mais jugé fondamental par la filière pour préserver les exclusivités territoriales et le financement de la création.

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