Bataille sur le grand fleuve

En 1951, 21 « grands pêcheurs » Sorko se rassemblent sous la direction du chef Oumarou pour lutter contre les hippopotames sur le grand fleuve du Niger. Pendant plusieurs mois, Jean Rouch suit ces pêcheurs avec sa caméra d’ethnologue-cinéaste. De la fabrication des barques au retour de l’expédition, le commentaire de Rouch guide notre regard sur cette pêche dangereuse.

Cette pêche demandera la mobilisation de tous les corps de métiers du village : construction d’une pirogue plus solide, capable de résister à la charge d’un hippopotame, de harpons avec flotteurs pour suivre l’animal une fois touché et de lances, armes de la mise à mort. Cette préparation technique s’accompagne d’une dimension rituelle : avant la pêche, on appelle les esprits Aoukas qui viennent posséder les corps de certains pêcheurs. La flotille remonte le Niger à la recherche d’un troupeau. Une fois celui-ci repéré, la lutte s’engage et peut prendre des jours. Cette année-là, les règles de pêche n’ont pas été respectées, un vieil hippopotame a chargé une barque. Les pêcheurs ont perdu la bataille.

(Nathalie Magnan)

Source: Bataille sur le grand fleuve

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