Mathieu Riboulet, écrivain

Pour s’“approcher au plus près de sa vérité”, “saisir les ressorts de son écriture” et composer de lui un “portrait en creux”, Sylvie Blum a imaginé un dispositif dans lequel Mathieu Riboulet (1960-2018) dialoguerait avec des artistes avec lesquels elle lui a reconnu des affinités. Dialogues fictifs, in absentia, puisqu’en réalité l’écrivain est invité à réagir à une série d’extraits de films qui les représentent.

Sont ainsi convoqués tour à tour Le Caravage dont Riboulet souligne l’humanité et la capacité à faire naître la beauté du mélange entre le populaire, le trivial, et le religieux ; Jean Genet dont – expérience “cardinale” – la lecture des romans lui a permis très tôt d’identifier, y compris pour lui-même, l’existence d’un lien entre “l’exigence d’amour et l’exigence d’écriture” ; Elfriede Jelinek qui, comme lui, voit dans l’écriture une forme d’exorcisme, un moyen de survie… Mais la part belle de ce jeu de miroirs est réservée à deux cinéastes dont les films, la vision et les prises de position artistiques et politiques “lui manquent”, deux artistes qui, comme Genet, lui ont à divers titres ouvert la voie : il s’agit de Rainer Werner Fassbinder et, plus encore peut-être, de Pier Paolo Pasolini. Car, à l’instar de ses aînés, Mathieu Riboulet s’affirme comme un écrivain de son temps, un observateur concerné et engagé dans la société dans laquelle il a grandi et dans laquelle il vit.

(Myriam Bloedé)

Source: Mathieu Riboulet, écrivain

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