Intimidation et tentative de censure contre deux journalistes de France 24
Le Syndicat Français de la Critique de cinéma apporte son total soutien à France 24 et ses journalistes et dénonce cette atteinte dangereuse à la liberté de la presse et de la critique.
La Société des Journalistes de France 24 apporte son soutien plein et entier à nos journalistes Nina Masson et Yong Chim, victimes d’une tentative de censure et d’intimidation dans l’exercice de leurs fonctions.
Dans le cadre de la promotion du film « La Bataille de Gaulle », nos deux journalistes ont réalisé une interview avec une partie de son équipe. Au cours de l’entretien, l’un des acteurs du film a longuement développé la notion d’« engagement », thématique centrale de l’œuvre.
Nina Masson a prolongé ce fil en interrogeant l’acteur sur ce que cette notion représentait pour lui en tant que comédien en l’invitant notamment à réagir, dans le contexte post-Festival de Cannes, à la tribune signée par 600 professionnels du cinéma dénonçant la mainmise de Vincent Bolloré sur le secteur cinématographique.
La question a visiblement mis l’acteur mal à l’aise. Elle était pourtant non seulement légitime, mais indispensable au regard des polémiques qui ont rythmé cette édition du festival.
Des méthodes d’intimidation inacceptables
Ce qui s’est produit à l’issue de l’interview est d’une gravité inédite.
L’attachée de presse de l’acteur a bloqué notre équipe dans la pièce, la menaçant et exigeant la restitution immédiate de la carte mémoire contenant l’enregistrement de l’interview. Nos journalistes ont refusé avec professionnalisme.
L’attachée de presse de l’acteur, en présence de l’attachée de presse du film, a alors contraint Nina Masson à signer un engagement écrit de non-diffusion du passage litigieux, comme condition à la conservation de leur matériel.
Notre équipe est rentrée à la rédaction profondément choquée par la violence de ces méthodes. De tels procédés – intimidation, censure imposée sous la contrainte – relèvent de pratiques que l’on associe aux régimes totalitaires. Ils constituent une atteinte grave et caractérisée à la liberté de la presse.
La SDJ de France 24 rappelle avec force que la ligne éditoriale de France 24 n’appartient qu’à sa direction. Aucune attachée de presse, aucun acteur, aucune équipe de production ne saurait se substituer à elle, ni dicter à nos journalistes les questions qu’ils sont en droit de poser et de diffuser ou non.
La SDJ de France 24 :
- Apporte son soutien sans réserve à Nina Masson et Yong Chim
- Condamne fermement les actes d’intimidation et de censure dont ils ont été victimes
- S’associe à la demande formulée par la direction de France 24 : les deux attachées de presse concernées doivent présenter leurs excuses à nos journalistes.
La liberté de la presse n’est pas négociable.
La Société des Journalistes de France 24





