Les résultats de la fréquentation en salle depuis la mi-décembre semblent confirmer que le très mauvais résultat de 2025 n’étaient qu’un passage à vide momentané. La fréquentation n’a pas tout à fait retrouvé ses niveaux d’avant Covid( systématiquement plus que 200 millions d’entrées annuelles en France). Mais, compte tenu des films à venir, elle semble pouvoir se situer entre les 180 millions de 2024 et 200 millions. Ce qui est suffisant pour stabiliser le secteur. Et c’est une évolution mondiale.
Le cinéma n’a donc pas été enterré par les plateformes, l’i-phone et youtube. Certes, en France, ce résultat est obtenu sans doute avec trop de films et de salles qui doivent se le partager. Mais c’est cette surabondance qui fait du cinéma français et du cinéma en France de loin le premier d’Europe. Mieux vaut trop que pas assez et il n’y a pas de mécanisme qui permette à tous d’être gagnants. En tout cas, il est probable que producteurs et distributeurs français vont reprendre confiance et redevenir plus entreprenants que jamais.

La concentration pour faire des économies d’échelle
La question est de savoir si le cinéma américain, qui assure toujours près de 50% des entrées en France et, bien plus ailleurs, va continuer à jouer son rôle. Il semble que certaines majors commencent à prendre conscience du rôle essentiel de la fenêtre d’exclusivité en salle, tout particulièrement aux États-Unis. Ce serait un grand progrès, qui permettrait de relancer la fréquentation outre-Atlantique. Mais dans ce cas, cela risque de n’être pas suffisant. En effet, le mouvement de concentration qui traverse l’industrie américaine du cinéma ne va-t-il pas tarir sa créativité ? Certes, la concentration permet des économies d’échelles. Mais les performances des majors ont toujours beaucoup plus dépendu de la capacité de leurs dirigeants à trouver les talents capables de susciter la créativité et à innover. Compte tenu de cette irrésistible mouvement de concentration que va devenir le cinéma américain?
Des producteurs indépendants créatifs pourraient créer un nouveau type de majors
Pendant que les dirigeants des majors vont se mobiliser pour faire croître leurs plateformes et leurs produits dérivés, ce rôle va peut-être être joué par de talentueux producteurs indépendants. C’est comme cela qu’est né Hollywood. certains d’entre eux pourraient fédérer des distributeurs de plusieurs grands territoires pour préfinancement et distribuer leurs films. Non pas film par film, mais par tranches de plusieurs films. À l’image d’Orion ou de Miramax par le passé. A24 ( « La femme de ménage », « Marty suprême », etc…) semble dans cette lignée.
Source: https://siritz.com/editorial/que-va-devenir-le-cinema-americain/