Le photographe Vincent Munier, entouré de son père et de son fils. © Haut et Court

Après avoir posé son appareil au cœur des hauts plateaux tibétains à la recherche de la majestueuse, pour ne pas dire mystique panthère des neiges, Vincent Munier a choisi son territoire natal des Vosges pour son nouveau documentaire, en salle le 17 décembre 2025 : Le Chant des forêts. Pour cette nouvelle aventure cinématographique et sensorielle, le photographe naturaliste a voulu axer son récit sur la transmission entre générations, avec en fil conducteur sa passion pour l’affût, technique de photographie animalière qui consiste à rester caché en silence en attendant qu’un animal croise l’objectif.
Envie collective
Une continuité naturelle après le succès de La Panthère des neiges en 2021, distribué par Haut et Court, récompensé du César 2025 du meilleur documentaire. « Vincent passe son temps à observer les Vosges, explique Pierre-Emmanuel Fleurantin, producteur chez Paprika Films du nouveau documentaire et déjà présent sur La Panthère des neiges. Il avait envie de réaliser un film autour de lui, en hommage à son père, Michel, et à tout ce qu’il lui a transmis. » De cette réflexion, le photographe a décidé d’inclure son fils, Simon, qui au moment du tournage avait le même âge que lui au moment de prendre sa première photo d’un chevreuil.
Entre le producteur et le réalisateur, l’envie était aussi réciproque de retravailler ensemble après La Panthère des neiges. Comme le précédent, le nouveau film de Vincent Meunier est distribué par Haut et Court, et coproduit par Kobalann, sa propre société de production. « Quand on vit de beaux moments avec un distributeur et un vendeur, il est tout à fait normal de continuer avec eux, ajoute Pierre-Emmanuel Fleurantin. Les films sont des aventures humaines. On fait tous des métiers difficiles, et tout particulièrement en ce moment, donc il est nécessaire de s’entourer de personnes avec lesquelles nous partageons l’envie de travailler ensemble. »
Une écriture au montage
Le tournage s’est majoritairement déroulé dans le massif des Vosges, mais aussi en Norvège, dans les forêts du Grand Nord, afin que le fils de Vincent puisse voir le grand tétras, animal qui a quasiment disparu dans les Vosges en raison d’hivers qui ne sont plus assez rudes, et que son grand-père avait toujours observé.
Est venu ensuite le temps « extrêmement long » du montage, réalisé dans une bergerie aménagée en studio chez Vincent Munier. « Pour parvenir à trouver l’équilibre entre narration et émotion, il nous a fallu pratiquement une année, note Pierre-Emmanuel Fleurantin. C’était déjà le cas sur La Panthère des neiges. Le film se construit progressivement, au fur et à mesure des images. » La contrainte de la saisonnalité est à prendre en compte. Selon les périodes de l’année, il est possible d’observer tel animal à tel endroit, capter telle situation plutôt qu’une autre. « C’est une écriture au montage », résume le producteur.
Un budget à la hauteur de la qualité
Le succès précédent de La Panthère des neiges a facilité le financement du projet. Haut et Court a consenti une avance par un minimum garanti (MG). Le CNC, la région Grand Est, le département des Vosges, ainsi que Le Bureau, France 3 Cinéma et Ciné+ OCS sont aussi montés à bord. Le budget total, compris entre 1,1 et 1,2 million d’euros, est important pour le documentaire mais reste adapté aux besoins spécifiques et aux moyens mis en place selon le producteur chez Paprika Films : « C’est un film de photographe avec un étalonnage précis. Le travail sonore a aussi été colossal avec des références comme Marc Namblard, spécialiste des sons animaliers ou Olivier Goinard au mixage. » Le budget musical a aussi été conséquent avec une bande-son composée par Dom La Nena, Rosemary Standley et Warren Ellis. « Quand on additionne l’ensemble du temps de travail, un documentaire de ce niveau de qualité et de recherche représente nécessairement un certain coût », conclut Pierre-Emmanuel Fleurantin.
La sortie du film le 17 décembre 2025 sera accompagnée de la parution d’un livre photo, à l’instar de ce qui avait été fait pour La Panthère des neiges. Le film a déjà été présenté lors de premières internationales à Zurich, Rome et Londres, et s’apprête à rencontrer le public français en cette fin d’année. La dernière avant-première, en présence de Vincent Munier, a eu lieu aux lors de la 17ème édition des Arcs Film Festival, que Pierre-Emmanuel Fleurantin a cofondé avec Guillaume Calop en 2009.
La soirée chiffre de mercredi, en plein festival, s’annonce ainsi particulière pour le producteur, qui se dit confiant dans l’accueil réservé au film : « La Panthère des neiges était le film le plus rentable de l’année avec 680 000 entrées pour un budget d’un million. Nous espérons que Le Chant des forêts touchera le public de la même manière. »
Source: Ecran Total