Les Césars 2016 sont remis ce vendredi 26 février et saluent une année très riche pour le cinéma français. Tous les nommés méritent de figurer dans leur catégorie, mais malheureusement, il ne reste pas de place pour récompenser tous les talents qui se sont imposés en 2015. Plusieurs actrices, acteurs et films manquent ainsi à l'appel, alors que leur prestation, leur mise en scène et impact sur le public méritaient tout autant d'être salués.





Pour leur rendre hommage, voici la liste des nommés aux contre-Césars, ces statuettes récompensant les artistes absents de la liste finale.

Merci d'applaudir.

"Meilleure actrice", auraient méritées d'être nommées...

Emma de Caunes dans Les châteaux de sable
Personnage central du film d'Olivier Jahan sorti en avril, l'actrice affiche un naturel impressionnant, déploie une "justesse du verbe" et une "incroyable cinégénie, qu'on aimerait bien apprécier plus souvent" écrit Christophe Carrière dans sa critique. Bien d'accord.

Izïa Higelin dans La Belle saison
Si Cécile de France mérite en toute logique sa nomination pour son rôle dans le film de Catherine Corsini, sa camarade Izïa Higelin, déjà César du meilleur espoir en 2013, aurait dû la rejoindre. C'est l'évidence: un couple de cinéma avance toujours grâce à l'alchimie des deux actrices ou acteurs... Izïa Higelin incarne ici une fille de paysans amoureuse d'une prof parisienne dans la France du début des années 1970, alors que naissent les premiers combats féministes. "Ce personnage lui permet de livrer une composition plus intériorisée que dans ses précédents rôles, qui jouaient sur son énergie inépuisable" souligne Thierry Chèze dans le portrait qu'il consacre à Izïa Higelin.

Yolande Moreau dans Voyage en Chine
"Une grande dame du cinéma" titre L'Express à la sortie du film de Zoltan Mayer. L'actrice apporte au personnage de Liliane "sa fragilité sourde et ses émerveillements d'enfant rabotés par les ans".

Marina Foïs dans Papa ou maman
Le couple que l'actrice forme avec Laurent Laffite (pas nommé non plus!), se déchire à la façon de Michael Douglas-Kathleen Turner dans La Guerre des Rose, et s'avère si complice, drôle, efficace, qu'une petite reconnaissance était légitime. L'équipe pourra se consoler avec les trois millions d'entrées au box-office, la plus belle des récompenses au final.

Par ailleurs, le tournage de la suite a commencé, pour une sortie fin 2016...

"Meilleur acteur": auraient mérités d'être nommés...

Manu Payet dans Un début prometteur
Dans le film d'Emma Luchini, Manu Payet est IN-CRO-YA-BLE.

Son interprétation de poivrot philosophe et attachant est désarmante de naturel. "Il est formidable, un acteur est né" constate Eric Libiot, rédacteur en chef culture de L'Express et de Studio Ciné Live, dans le portrait qu'il lui consacre.

Jean Rochefort dans Floride
Attention, prestation qui divise! D'aucuns à la rédaction pestent contre le jeu peu naturel de l'acteur, digne de celui qu'il affectionnait dans la publicité pour assurances... Eric Libiot le trouve "à côté de la plaque". Si le début paraît forcé, son interprétation se consolide au fur et à mesure, notamment après la première demi-heure. L'acteur finit par convaincre en papy grincheux, et surtout terrassé par la disparition d'une de ses deux filles.

Gilles Lellouche dans L'Enquête
Deux fois nommés aux espoirs, en 2006 et 2011, Gilles Lellouche méritait de figurer dans la catégorie "Meilleur acteur" pour saluer sa prestation nouée de stress et de panique, dans le rôle du journaliste Denis Robert tout au long de L'Enquête, film "clair et net" de Vincent Garenq. L'acteur parvient à retranscrire toutes les tensions et passions inhérentes à ce métier. Gilles Lellouche est "enfin exemplaire dans un rôle de grande taille, il est juste à température, ni trop ni peu, cohérent et pas prétentieux".

Pio Marmaï dans Nos futurs
Quelle prestation rafraîchissante, vivante! "Le souvenir de Pio Marmaï qui n'a jamais été aussi juste. En adolescent attardé, il irradie par son sens de la répartie, son timing comique et son charme solaire" souligne notre critique.

Jean Dujardin dans Un plus une
Attention, prestation qui divise là aussi! "Bof" estime Eric Libiot. Le comédien propose pourtant un registre différent dans le film de Claude Lelouch. Ni le Jean Dujardin trop sérieux, ni le Jean Dujardin loufoque. Un Dujardin naturel, tranquille, affable et confident. L'acteur a raté le César pour The Artist, et l'aurait mérité davantage pour ce film.

Pierre Niney dans Un Homme idéa
l Le film aurait pu sombrer dans le grotesque, mais le jeune comédien le porte à bout de bras, il est divin dans le rôle d'un personnage en chute libre vers l'enfer.

Surtout, Pierre Niney assure dans plusieurs scènes, seul. Son regard, paniqué, suffit à retranscrire sa peur, sa crainte de voir sa supercherie découverte, le spectateur est entraîné dans cette spirale dantesque.

"Meilleur second rôle, espoir": auraient pu être nommés...

Denis Mpunga dans Marguerit
e Sans cet acteur et sans ce personnage, Marguerite aurait souffert d'un manque cruel de consistance. Le réalisateur Xavier Giannoli rend hommage à cet acteur belge à la présence impressionnante: "Il donne une profondeur saisissante à ce personnage qui est d'abord un être d'écoute et de regard. Marguerite est sa muse et un lien assez délirant et inquiétant les unit. C'est lui qui l'emmènera au bout de son destin de Diva improbable".

"Son personnage interroge aussi ce qu'est la création. Il sublime la vie de sa muse en l'entraînant dans une mort digne de l'héroïne qu'elle a toujours rêvé d'être. Je ne sais pas s'il la tue ou s'il la sauve... mais il aura accompli leur "oeuvre".

Alice Isaaz dans Un Moment d'égarement
Eblouissante dans La Crème de la crème pour lequel elle aurait déjà mérité une nomination en 2014, la jeune actrice de 24 ans passe encore à côté des nominations de la révélation cette année! Il suffit pourtant d'étudier son regard ci-dessous, lors d'une scène pivot d'Un moment d'égarement, puisqu'elle découvre son amie qui se rapproche de son père, joué par Vincent Cassel.

Si une scène peut se résumer à un simple regard, le contrat est rempli. Combien d'acteurs et d'actrices proposent un regard vide... Nomination!

Noémie Schmitt dans L'Etudiante et monsieur Henri
Face au monstre sacré Claude Brasseur, la jeune actrice impressionne par la "fluidité de son interprétation qui séduit. Comme une évidence. Comme si elle avait des années de plateaux cinéma derrière elle."

Pour notre journaliste Thierry Chèze, elle était à l'époque de la sortie une candidate évidente au prochain César du meilleur espoir féminin, une actrice "aussi à l'aise dans le rire que dans les larmes. Une révélation dans toute sa splendeur".

Benjamin Lavernhe dans Le Goût des merveilles
Classe et fantaisie pour ce pensionnaire de la Comédie-Française. Dans le rôle d'un autiste Asperger, sa prestation aurait pu s'avérer casse-gueule, mais passe tout en douceur, avec fraîcheur et authenticité.

Aurélien Gabrielli dans Quand je ne dors pas
Pré-sélectionné cette année, l'acteur de 25 ans porte sur ses épaules Quand je ne dors pas mais ne figure malheureusement pas dans la sélection finale. Son odyssée en noir et blanc entre désillusions, soirées désabusées, et questionnements sur le quotidien, le tout avec un air dilettante, séduit.

"Meilleur film, premier film": auraient mérités d'être nommés...

Discount de Louis-Julien Petit
Immersion réaliste, crue dans le monde du travail qui part en vrille, avec ses aberrations, inégalités, mais aussi ses petites lueurs de gaité. Le film "gagne le pari d'une rébellion positive. Un feel good movie largement recommandé". Par ailleurs, on aurait pu imaginer une nomination globale pour les acteurs de la troupe, comme c'est souvent le cas à Cannes!

Nos futurs de Rémi Bezançon
La critique de L'Express le jugeait "brouillon" à sa sortie. Le film se détache pourtant d'une certaine façon. Il prend à la gorge, parvient à transporter chaque spectateur dans ses années adolescentes, à goûter au sentiment d'années jolies parties, de regrets jamais rattrapables. Un joli film, très joli.

Un homme idéal de Yann Gozlan
Certes, le scénario et les fausses pistes flirtent avec le déjà-vu. Le thriller est pourtant une réussite. Quel plaisir, simplement. Et au cinéma, on a le droit d'en prendre aussi, et le récompenser.

Valley of love de Guillaume Nicloux
L'ovni de 2015. D'une lenteur attirante, ce film "brasse le cinéma, la foi, les désirs et les angoisses face à une situation banale" décrit Eric Libiot dans sa critique, "la raison s'y perd (...) il y a du silence et de la tension, de la transpiration et de la retenue, du vide qui se remplit de frissons. Les fantômes rôdent. Ils ont passé le pont et viennent à notre rencontre. C'est un rêve, un cauchemar. Dernière image. Les lumières de la salle se rallument" Et le film reste impossible à oublier, des mois après, au moment des Césars.

Source : L'Express / Julien Jouanneau
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