On le sent d'humeur légère. Presque malicieuse. Dans les locaux de TF1, où il n'avait pourtant pas mis les pieds depuis un moment, Jean-Paul Belmondo semble chez lui. Les interviews, il a « l'habitude ». Les séances de maquillage aussi – même si à son âge, assure-t-il, « il n'y a plus grand-chose à faire ». La demoiselle (Audrey Crespo-Mara) venue l'accueillir sur le plateau du 20 heures lui plaît (« jolie et bien gentille »). Les petites foules qui s'assemblent sur son passage à pas tranquilles (« Je marche doucement mais longtemps ») dans les couloirs du siège de la chaîne témoignent de sa popularité intacte. Il les salue, comme il en a salué tant d'autres. Aimablement. Professionnellement. Il est là pour remplir un devoir que tout acteur connaît bien : la promotion de son film Belmondo par Belmondo. Un documentaire piloté par le producteur Cyril Viguier, qui anime tous les jours la matinale de Public Sénat Territoires d'infos, et par son propre fils, Paul Belmondo.

Le film sera diffusé pour la première fois le dimanche 3 janvier sur TF1, à 13 h 30. Une interview des Belmondo père et fils sera diffusée la veille, samedi 2 janvier dans le JT de 20 heures. Le documentaire retrace la vie de ce géant du cinéma français à la façon d'un road movie. Le père et le fils prennent la route pour les lieux de tournage des films les plus mythiques de « Bébel ». Et l'un se raconte à l'autre, tout doucement. Un événement unique et certainement émouvant pour les fans, qui retrouveront leur héros, vieilli, cabossé (son AVC en 2001 a laissé des séquelles qu'il surmonte petit à petit), mais toujours souriant et vif d'esprit. À 82 ans, Belmondo va « de mieux en mieux ». La preuve dans cet entretien réalisé spontanément juste avant son arrivée en plateau.

Le Point : Cela fait longtemps qu'on ne vous a pas vu faire le plateau du 20 heures de TF1...

Jean-Paul Belmondo : Oh là là, oui ! Ça m'amuse ! Et puis, c'est bien pour mon fils. Il a fait un très beau film. Vous savez, je ne voulais pas faire de documentaire sur ma vie. Je l'ai fait parce que c'était lui. On a fait ça comme une conversation. Avec quelqu'un d'autre, ça n'aurait pas été pareil. Il n'y a que lui qui pouvait faire ça. Pour ce documentaire, vous êtes retourné sur les lieux de tournage de vos plus grands films. Un endroit où vous avez été particulièrement heureux de revenir ? Le Brésil ! À l'époque où j'y étais allé, pour L'Homme de Rio, je m'étais beaucoup amusé. Les gens étaient si gais ! J'y suis retourné huit fois par la suite. Mais cela faisait très longtemps que je n'y étais plus allé. C'est toujours beau, c'est toujours gai.

Vous y avez retrouvé un petit garçon qui dansait dans le film...

Oui ! Je l'ai revu, c'est incroyable. Maintenant, il est marié et a neuf enfants ! C'était émouvant parce que, normalement, je ne l'aurais jamais revu. C'était une belle surprise. Vous croisez également de nouveau la route d'Ursula Andress, votre partenaire dans Les Tribulations d'un Chinois en Chine.

Je l'ai retrouvée exactement comme elle était. Et toujours belle. Je ne l'avais pas revue non plus depuis des années. On a dîné ensemble... Elle a gardé sa joie de vivre.

Vous aussi ! Vous souriez en permanence !

Bien sûr. Le film est gai ! C'est joyeux de revoir tout ça. Bon, certaines choses avaient changé, évidemment. Mais j'ai retrouvé beaucoup de choses.

Plusieurs personnalités vous rendent hommage dans ce documentaire, notamment Jean Dujardin...

Oui, je l'ai connu chez un ami. Il n'était pas encore connu. Maintenant, il l'est ! C'était bien de le retrouver. Je le vois de temps en temps.

Peut-on le considérer comme votre héritier, dans le cinéma français d'aujourd'hui ?

Mais vous savez, les héritiers, je n'aime pas ça. Moi, de qui suis-je l'héritier ? J'aime bien Jean Dujardin, il s'est inspiré de moi et m'a rendu hommage, c'est très bien. Mais il a sa propre personnalité – très forte ! –, il fait partie des gens qui rayonnent d'eux-mêmes. On voit aussi Albert Dupontel, un formidable acteur. Et puis...

Guy Bedos ?

Mon grand ami ! Je l'ai connu, j'avais 18 ans et lui, 16. Nous avons fait ensemble dans notre jeunesse une tournée... minable ! Mais on s'est beaucoup amusés. En rentrant, je lui avais dit : « Si je n'entre pas au conservatoire, je ferai autre chose. » Je ne suis pas entré au conservatoire, mais on a quand même fait tous les deux une belle carrière.

Studiocanal lance un coffret spécial avec dix films emblématiques que vous avez vous-même sélectionnés dans votre filmographie, avec votre fils. Comment avez-vous fait votre choix ?

C'était dur de choisir. Quatre-vingt-trois films au total, je crois. J'ai choisi par l'ordre du succès. Mais j'ai regretté qu'il n'y ait pas certains films, pour des histoires de droits.

Vous avez une préférence ?

J'aimais tous mes films. Il y en avait qui n'étaient pas bons, certains sont même des catastrophes, mais j'y croyais quand je les faisais, et ça reste de bons souvenirs. Certains préfèrent À bout de souffle, d'autres préfèrent Le Professionnel ; moi, je les aime tous.

Quand vous regardez en arrière, êtes-vous impressionné parfois par l'ampleur de votre carrière ?

Non, je vous jure que ça ne m'impressionne pas. Je suis content de la gloire que j'ai connue et quand je vois ces cascades réussies. Mais bon..., je reste simple.

Que voulez-vous que les Français retiennent de vous ?

Quand j'étais jeune, mon père me disait : « Mon petit, travaille, travaille, travaille ! » Et j'ai travaillé. J'ai joué dix ans au théâtre. Ce n'était pas facile. Les gens pensent que le succès est venu comme ça. Non, j'ai beaucoup travaillé. Les jeunes d'aujourd'hui, je leur dirais : « Travaillez, travaillez ! » Mon père, avant qu'il ne meure, continuait de nous faire visiter le Louvre. Je lui ai demandé : « Mais pourquoi tu nous emmènes toujours au Louvre ? » « Mais pour apprendre, mon petit ». À 83 ans...

Source : Le Point - Phalène de la VALETTE
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