C'est l'histoire d'un acteur, non, pardon, d'un caméléon : un type qui n'existe qu'en copiant les autres et en vivant, un moment, dans leur peau. Il jette son dévolu sur quelqu'un, le suit, reproduit sa voix, se fait son visage et s'installe quelques heures chez lui en son absence. Il a d'ailleurs transformé la cave de son vieux pavillon en salle de maquillage géante, avec postiches en tout genre, latex et faux nez. Les studios Universal ne devaient pas avoir mieux dans les années 1930, quand ils tournaient leurs films de monstres !

Matthieu Delaporte, d'ailleurs, impose dès le début une atmosphère d'angoisse très stylisée, intemporelle. On est bien loin du Prénom, l'acide comédie de boulevard avec laquelle le cinéaste et son acolyte Alexandre de La Patellière se sont imposés ! En Mathieu Kassovitz, ils ont trouvé l'interprète idéal : son jeu blanc est franchement dérangeant, dans la même veine que dans Un héros très discret, de Jacques Audiard : c'est drôle, d'ailleurs, cette proximité dans les titres... Et puis un jour, le caméléon, agent immobilier de son état (pratique, pour pénétrer chez les gens...), prend l'apparence d'un illustre musicien et s'installe dans ce rôle : cette « vie »-là, il aimerait bien la garder... Le film tourne, alors, au thriller familial, souffre d'un petit problème de vraisemblance, patine un peu, mais, comme son héros, garde jusqu'à la fin une certaine gueule.

Source : Télérama / Guillemette Odicino
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