Lors des Rencontres de Dijon, l’un des responsables d’Orange nous a indiqué que l’activité d’Orange Studio ne s’arrêtait pas et qu’elle voyait son budget de 2013 reconduit pour 2014, soit environ 20 M€, mais que son sort n’était pas clairement tranché pour l’après-2014, laissant donc planer les doutes sur son maintien dans un avenir proche. Interrogée, Frédérique Dumas, la Dg de la filiale, indique sans plus de précisions : “Les investissements sont gelés de manière temporaire”.

“Pour comprendre la situation, il faut expliquer qu’Orange Studio a la particularité de comptabiliser ses investissements au moment de la sortie des films et non au moment où elle s’engage, comme habituellement”, note un professionnel du secteur. Ce décalage calendaire explique que les projets déjà en cours ( à l'instar de Paradise Lost, avec Benicio del Toro dans le rôle de Pablo Escobar) entrent dans l’enveloppe budgétaire allouée à la filiale pour l’exercice 2014, voire ultérieurement, jusqu’à la sortie des films. Mais aujourd’hui, concrètement, Orange Studio poursuit son activité en négociant les deals sans s’engager sur de nouveaux projets.

Ce changement de cap pour la filiale cinéma s’inscrit dans l’infléchissement décidé en 2010 par Stéphane Richard, le Pdg du groupe, de la stratégie dans la production et l’édition de contenus. Il a déjà eu pour ­conséquence l’arrêt de la chaîne Orange Sports. Le ­bouquet OCS, lancé en 2008, a été maintenu mais dans le cadre d’une alliance avec Canal+. OCS ­continue d’investir dans des programmes de fiction et des préachats de longs métrages, mais demande à baisser ses obligations envers le cinéma français. Alors qu’elle vient d’annoncer récemment un accord avec HBO pour étoffer son offre de fictions américaines.

Source : Le Film Français - Sarah DROUHAUD
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