Turf, du spécialiste Fabien Onteniente, réalisateur de Camping, est la catastrophe majeure du mois de février. Suivent les échecs cinglants de Des gens qui s'embrassent, de Danièle Thompson, Demi-sœur, de Josiane Balasko, la Grande Boucle, de Laurent Tuel, sans parler de Pas très normales activités, Pop Redemption ou Douze ans d'âge, lancés plus discrètement mais guère mieux lotis à l'arrivée.

Déjà, l'an dernier, les Seigneurs, Un plan parfait, Stars 80 et même Astérix avaient fortement déçu. Les Reines du ring (10 millions d'euros de budget...), gros lancement de l'été, n'attire pas non plus grand monde. Pourquoi cette mauvaise passe ?

Premiers visés : les scénarios. «Les producteurs font peu réécrire. Beaucoup de ces échecs récents s'appuient sur un milieu exotique (le vélo, le catch, le tiercé...) et un vague contexte social. Après, plus rien», explique Sophie Grassin, auteur de Comédies françaises.

Autre explication possible : ces films sont produits et préachetés par les télés avec toujours les mêmes comédiens, dont les tarifs handicapent d'entrée les projets. En pointant le problème, le producteur Vincent Maraval avait l'an dernier créé un beau chahut.

Enfin, poursuit Sophie Grassin, «les tournées promotionnelles d'acteurs qu'on voit pendant une semaine sur toutes les chaînes de télé, pour vendre des films qui n'en valent pas la peine, ont fini par repousser le public, qui ne se fait plus avoir». D'autant qu'en période de crise une sortie familiale au cinéma coûte cher.

Le genre phare du cinéma français est-il juste enroué, ou la maladie est-elle plus profonde ? Il n'est pas sûr, au vu de leurs bandes annonces, qu'Eyjafjallajökull (20 millions d'euros de budget...) ou les Invincibles, à venir à la rentrée, modifient la donne.

Fabien Onteniente, conscient du problème, a demandé sur RTL que l'on organise des «états généraux de la comédie». Emouvante contrition. Mais on ne peut qu'esquisser un sourire, un vrai cette fois, quand, dans la même interview, le même Onteniente annonce son prochain projet : Camping 3. Cours, camarade, le renouveau est devant toi...

Source : Marianne / Hubert PROLONGEAU
directeur de production producteur cinema television productrice tournage plateau comedien directrice