Réunion de la commission d'agrément très perturbée ce matin au CNC. En signe de protestation à la décision des ministres du travail et de la culture d'étendre le 1er juillet prochain la convention collective de la production cinématographique élaborée par l'API (Ugc, Pathé, Gaumont, Mk2), les membres de l'APC, du Spi et de l'UPF ont annoncé qu'ils quittaient la réunion après la lecture d'un texte que nous retranscrivons in extenso ci-après.

Seul le président de la Commission d'agrément, Grégoire Sorlat (Why Not), n’a pas souhaité ajourner sa participation afin que la Commission puisse quand même se tenir mais, évidemment totalement solidaire de ses confrères, il a déclaré que le texte de l'Api conduirait à "50 films en moins produits par an et à 20 à 30 délocalisations de tournages" supplémentaires.

En outre, les membres des syndicats précités ont décidé de ne plus siéger dans aucune commission ou comité professionnel, du CNC (Avance sur recettes, Cinéma du Monde, etc...) ou autre (Sofica, Procirep) jusqu'au 11 avril, jour de la réunion de la commission d'extension de la convention collective.

Le texte lu ce matin :

"Les organisations de producteurs de cinéma indépendants s’indignent du refus persistant des pouvoirs publics d’accorder la moindre considération à leurs paroles, à leurs écrits et à leurs actes. Elles ne peuvent accepter, alors qu’elles représentent 95 % des films produits en France, d’être traitées avec une telle inconséquence et un tel mépris.

Elles marquent également leur stupéfaction de voir leurs autorités de tutelle, au détriment de l’intérêt général du secteur, contredire à ce point leurs propres engagements en faveur de l’emploi et de la diversité culturelle.

Elles questionnent, enfin, la loyauté du dialogue auquel on entend les forcer dans des conditions non équitables, et par là même inacceptables.

C’est pourquoi elles ont unanimement et solidairement décidé, à titre de manifestation de leur exaspération et de leur détermination, de cesser leur participation à toutes les commissions ou comités professionnels, avec effet immédiat et ce jusqu’à une première échéance fixée au 11 avril 2013, date de la réunion de la Commission du ministère du travail qui va réexaminer l’extension du texte du 19 janvier 2012."

Source : LE FILMS FRANCAIS / Sarah DROUHAUD