Mettant en scène un François Damiens toujours convaincant dans un registre qu’on lui connaît pourtant bien, Torpedo est une comédie littéralement familiale, bien plus douce qu’amère, sur un looser tout sauf flamboyant, qui tente dans un ultime soubresaut de retrouver grâce aux yeux de son père. Pour ce faire, il emploie des moyens que d’aucuns jugeront détournés : emprunter un enfant et embrigader son ex pour convaincre un vendeur de canapé, qu’il kidnappe, qu’il a bel et bien une famille, et ce, dans le but ultime de permettre à son paternel de rencontrer Eddy Merckx. On a vu plus simple comme plan. Sans surprise, sur la route qui la mène de Bruxelles à Brest, cette troupe hétéroclite va apprendre à se connaître, et tisser des liens plus forts que ceux du sang.

En découvrant Torpedo, on ne peut s’empêcher de penser à cette autre équipée déglinguée, celle d’Eldorado, impression renforcée par la musique de Renaud Mayeur. De même, le couple formé par Michel Ressac et son fils putatif n’est pas sans rappeler le duo des Convoyeurs attendent. De fait, on s’aperçoit qu’en une petite génération, la « nouvelle » vague du cinéma belge (ici Bouli Lanners et Benoît Mariage, qui a d’ailleurs été le professeur de Matthieu Donck à l’IAD) a eu le temps de planter des graines fertiles, d’où éclot un cinéma à la fois tendre et décalé. Un cinéma qui n’a pas peur de faire (sou)rire, tout en étant un cinéma d’auteur.

Torpedo, produit par K2, avec le soutien du Centre du cinéma et de l'audiovisuel de la Fédération Wallonie Bruxelles et de Wallimage-Bruxellimage, est distribué en Wallonie et à Bruxelles par Les Films de l’Elysée, sur une jolie combinaison de 13 salles.

Source : Aurore ENGELEN - http://cineuropa.org
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