Hier matin, à Lyon où s’achevait le 66eme Congrès de la FNCF ( Fédération Nationale des Cinémas Français), les quelques 2000 exploitants de salles se demandaient comment avait démarré le film du réalisateur Christophe Barratier, sorti mercredi dans l’Hexagone.

A-t-il trouvé son public, se demandait le patron d’un complexe de Perpignan, qui avait l’autre «Guerre des boutons» dans l’une de ses salles depuis une semaine. Selon les chiffres publiés par son distributeur, Mars Films, ce sont 92 145 entrées en 541 salles qui ont été enregistrées par «La nouvelle guerre des boutons», pour son premier jour d’exploitation. Autrement dit, la version de Christophe Barratier, produite par Thomas Langmann avec Guillaume Canet, Laetitia Casta, Kad Merad et Gérard Jugnot a donc pris un léger avantage sur celle de Yann Samuell - avec Mathilde Seigner, Eric Elmosnino et Alain Chabat - qui avait réalisé 87 900 entrées en 596 salles, le 14 septembre, jour de sa sortie.

Les spécialistes de la fréquentation présents à Lyon relativisaient cependant l’importance du résultat de «La nouvelle guerre des boutons». «Bien sûr, c’est un score très encourageant pour le film produit par Thomas Langmann. Mais on l’a vu pour «La Guerre des boutons» de Yann Samuell, il faut attendre les entrées du premier week-end, expliquait un économiste du cinéma. Et là, on arrivera peut-être à se faire une idée plus précise. A savoir, lequel des deux films finira par l’emporter sur son concurrent au bout du compte. Encore qu’un autre scénario est possible : les deux Guerre achèvent leur carrière avec des résultats à peu près équivalents. Du coup, en se neutralisant, ils perdent tous les deux leurs objectifs, qui est d’atteindre les 2 millions de spectateurs pour amortir leur budget.

Une bataille d'affiches inédite

La «Guerre des chiffres» a donc commencé depuis mercredi, jour où les deux films se retrouvent face à face dans 1200 salles de l’Hexagone. UGC, le distributeur de «La guerre des boutons», version Yann Samuell, n’a pas manqué de souligner que son film avait réalisé la deuxième meilleure entrée en salles de l’année pour un long métrage français après «Rien à déclarer», avec plus de 630 000 spectateurs.

Cette bataille d’affiches entre deux projets comparables et concurrents, situés l’un en 1957 sur fond de guerre d’Algérie (Samuell), l’autre en 1944 avec une fillette juive menacée de déportation, est inédite dans l’histoire du cinéma français. On saura donc ce week-end, annoncé très beau sur l’ensemble du pays, si «La nouvelle guerre des boutons» dépassera ou non son concurrent dans les salles.

A noter qu’une troisième «Guerre des boutons», l’originale, celle d’Yves Robert (1962), première adaptation du roman de Louis Pergaud, sortira le 12 octobre, en version restaurée et numérisée uniquement. C’est la Gaumont qui la distribue.

Source : Le Parisien
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