Jean-Jacques Annaud se serait bien passé de cette polémique. Après l’échec public et critique de son précédent film, Sa majesté Minor, le réalisateur avait eu bien du mal à retrouver la motivation et l’énergie pour se consacrer à un nouveau projet.

Pas de chance. Le tournage de son film Or noir à peine terminé, Le Parisien révèle ce mardi que la production se retrouve empêtrée dans un problème juridique dont les conséquences pourraient fortement compromettre l’avenir du film.

Le tournage d’Or noir, dont l’histoire retrace l’aventure de la découverte du pétrole, s’est déroulé en partie en Tunisie. Le producteur, Tarak Ben Ammar, un homme d’affaires franco-tunisien, a fait venir de nombreux techniciens français pour travailler sur le film. Pour faire quelques économies («plusieurs millions d’euros» selon Le Parisien), ces salariés auraient signé des contrats de travail tunisiens, obéissant aux lois du pays. Un inconvénient de taille pour eux puisque les Assedic ne peuvent en tenir compte. L’un des techniciens témoigne «Je n’avais pas travaillé depuis dix mois. Je ne pouvais pas refuser vingt semaines de travail. Mais pour les caisses Assedic, c’est comme si je n’avais pas travaillé». Impossible en effet de déclarer quelque 1000 heures de travail, or il en faut 507 par an pour bénéficier des Assedic et obtenir le statut d’intermittent.

Le Syndicat National des Techniciens et Travailleurs de la Production Cinématographique et de Télévision crie au scandale au motif qu’Or noir est produit en majorité par une société de production française qui, en passant par un producteur exécutif tunisien, a contourné la loi française au détriment des salariés. Le Centre National de la Cinématographie doit désormais décider si le film recevra l’agrément d’œuvre française et le soutien financier qui va avec.

Sans cet agrément, le producteur Tarak Ben Ammar devrait faire une croix sur 221 000 euros. Et les techniciens et acteurs perdraient également la possibilité d’être nommés aux César. «Ce n’est pas moi qui serais le plus grand perdant dans cette affaire». Il s’estime dans son bon droit et explique qu’il était obligé de passer par une société tunisienne pour son film tourné en Tunisie. Selon lui les techniciens étaient payés entre 2000 et 3000 euros la semaine de tournage et surtout «ils étaient au courant de la législation».

La décision du CNC est attendue dans les prochaines semaines.

Source : http://www.tunisienumerique.com
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