Luc Besson met la dernière touche à la réorganisation de son studio de cinéma EuropaCorp. Ce matin, le cinéaste devrait présenter en interne sa nouvelle garde rapprochée. Deux personnalités rejoignent la major : le publicitaire Christophe Lambert, comme directeur général, et Emmanuelle Mignon, ancienne directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, qui avait réintégré le Conseil d'Etat, fin 2009, comme secrétaire générale. En mai, cette quadra avait été recrutée par Luc Besson comme directrice de la stratégie et du développement de Front Line, la société holding d'EuropaCorp. Les deux nouveaux dirigeants devraient détenir une participation au capital des affaires de Luc Besson, sans que l'on sache précisément de quelle société ils seront actionnaires. Ce remaniement intervient alors que Jean-Julien Baronnet, le directeur général arrivé en 2008, quitte, lui, le groupe. Un départ annoncé début juillet juste après la publication par le groupe de Luc Besson d'une perte de 9,8 millions d'euros pour l'exercice clos fin mars. Les premières de l'histoire du jeune studio de cinéma - dix ans cette année.

Partenaires dans Blue

Depuis 2008, Luc Besson et Christophe Lambert avaient créé une société commune détenue à 51 % par la société mère Front Line et 49 % par le publicitaire, Blue, spécialisée dans la fabrication de contenus au service des marques (« brand content »). Parmi les principales réalisations de Blue - dix-huit personnes à plein-temps dont des scénaristes, des designers -figurent à la fois la création du site weareproducteurs.com lancé avec Orange le mois dernier, la relance du « Journal du dimanche », la nouvelle identité visuelle de l'UMP. Désormais, Christophe Lambert va se consacrer exclusivement à EuropaCorp, et s'occuper plus particulièrement de la production et de la diffusion des oeuvres. De son côté, Emmanuelle Mignon, qui prend ses nouvelles fonctions aujourd'hui, s'occupera à la fois de la stratégie, de la mise en oeuvre du développement des affaires juridiques et des ressources humaines. n avril, Luc Besson avait déjà musclé ses équipes en recrutant comme directeur du cinéma, un poids lourd de la distribution de films, Jean de Rivières, précédemment directeur général de Walt Disney Studios Motion Picture.

EuropaCorp est la première major européenne de cinéma. Le studio - qui réalise près de la moitié de ses revenus à l'international -traverse une passe délicate. L'an dernier, plusieurs grosses productions sur lesquelles il misait, à l'image d'« Arthur et la vengeance de Maltazar », ou de « From Paris with love » n'ont pas réalisé les entrées espérées dans les salles françaises. L'année a démarré par une nouvelle déception, avec « Adèle Blanc-Sec » qui n'a fait que 1,6 million d'entrées pour un budget de 31 millions d'euros.

Au printemps, EuropaCorp est entré dans la production audiovisuelle en acquérant Cipango, le septième producteur de fictions en France, à l'origine notamment de la série « XIII ». Un métier moins risqué que la production de films. Grâce à cette diversification le studio espère engranger des revenus plus récurrents que ceux tirés du cinéma.

Source : Véronique RICHEBOIS ET Nathalie SILBERT - Les Echos
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