La grande famille du cinéma français fête cette année les 50 ans de l’avance sur recettes du Centre national de la cinématographie (CNC). « L’exception française » d’un cinéma d’auteur, financé en partie grâce à une taxe sur les prix des billets d’entrée en salle et sur les chiffres d’affaires des télévisions, est toujours vantée dans les festivals.

Mais des nuages s’accumulent sur cette institution et des questions se posent sur la façon dont sont attribués les 25 millions d’euros annuels de l’avance sur recettes, reversée à une soixantaine de films par an.

« Récompensés, parce qu’ils connaissent untel ou untel… »

Certains réalisateurs ou syndicalistes veulent même porter leurs contentieux devant les tribunaux. Le train de vie du CNC, qui détient un patrimoine immobilier évalué à 30 millions d’euros, nourrit également les polémiques.

Dans ce contexte, apparaît une fronde discrète d’une partie du métier. Des réalisateurs et producteurs, issus de différents courants du cinéma français, critiquent ouvertement la façon dont sont choisis les films qui bénéficient de l’avance sur recettes. Comment expliquer par exemple qu’un même producteur ait obtenu 42 fois l’avance sur recettes en dix ans (1), alors que d’autres films, qui ont été primés dans des festivals, courent toujours après ? « C’est le choix subjectif des jurys, renouvelés régulièrement. Il faut défendre ce modèle qui permet au cinéma français d’exister dans le monde et qui a fait ses preuves », se défend la directrice du CNC, Véronique Cayla. Antoine Rain, un jeune producteur, membre du Syndicat des producteurs indépendants, déplore au contraire que « trop souvent les mêmes sont récompensés, parce qu’ils connaissent untel ou untel… » Sollicité sur ces débats, Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture et ancien responsable de l’avance sur recettes, n’a pas souhaité s’exprimer.

(1) : Paulo BRANCO

Source : Le Parisien
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