"Il y a des sujets dans lesquels la provocation est au coeur du sujet. Ici, c'est dans ce que proposent les personnages, dans le +Sacre du printemps+ lui-même", qui a choqué à l'époque, a expliqué devant la presse Jan Kounen, réalisateur des créatifs "Doberman" ou "Blueberry", à l'opposé du style de son dernier film dévoilé en projection de gala dans la soirée sur la Croisette.

"Là, je m'occupe de parler de la dimension psychologique de la personne, de son destin, de sa dimension mystique", a-t-il ajouté.

"Il fallait que ce film ait une dimension classique", a dit Kounen qui a beaucoup regardé de films des années 1960 afin de "mettre du souffle dans l'ouverture, le champ ou une vitesse de caméra".

Il s'agissait "de ne pas faire de mouvements comme on peut en faire aujourd'hui pour parler des années 20. C'est plutôt rock and roll aujourd'hui de faire cela", a-t-il souligné.

Pour lui, la scène d'ouverture du film, avec la création au Théâtre des Champs-Elysées du "Sacre du printemps" en 1913 a été un grand défi car il s'agissait de filmer "la nuit la plus importante dans l'histoire de la musique".

"Vous avez les danseurs sur scène, 80 musiciens, les figurants, les acteurs principaux et +le Sacre+ que vous ne pouvez pas couper car vous voulez rendre hommage à Stravinsky et au chorégraphe Nijinski, donc vous voulez être à la hauteur", a-t-il dit.

Déjà égérie de la marque, Anna Mouglalis qui incarne Chanel a été "séduite par une femme qui pouvait être une chose et son contraire" et par sa "faculté à cette époque-là, de ne pas vouloir plaire à tout prix". Pour elle, Coco "sera pour toujours le symbole de la femme moderne".

Mads Mikkelsen, qui joue Strasvinsky, pense que celui-ci "était un vrai artiste. Ce qui venait de lui venait de lui. Il n'avait pas conscience de l'époque dans laquelle il vivait, contrairement à Coco chanel qui le savait très bien".

Interrogé enfin sur la sortie du film d'Anne Fontaine en avril "Coco avant Chanel", Jan Kounen a jugé qu'il s'agit de "deux propositions différentes".

"On savait qu'il y avait un autre film quand on est parti en production. dans cette situation, on a tendance à aller vite, donc c'était plutôt une contrainte", a dit le réalisateur.

"Puis il y a eu une grosse crise financière quand on a commencé le tournage. Donc heureusement qu'on est parti vite, car on aurait eu plus de difficultés six mois plus tard, à mettre le film en chantier".

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