Bonjour,

Il y a quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, vous avez signé la pétition demandant la ressortie des films de Pierre Etaix. Du fond du cœur, MERCI.

En juin 2008, 16 000 signatures ont été remises aux avocats de Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière (co-auteur de quatre des cinq longs métrages aujourd'hui invisibles). Ces milliers de signatures n'ont pas de réelle valeur juridique, mais elles témoignent de notre intérêt et de notre vigilance à face à l'injustice dont sont victimes ces deux grands artistes.



Le 28 novembre 2008, à notre grande surprise, les auteurs se voyaient refuser le droit de procéder à la restauration de leurs films (une restauration pourtant jugée urgente et dont le financement était assuré).

Face à ce nouveau "blocage" nous sommes bien décidés à poursuivre notre mobilisation en rappelant les engagements de Mme Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication: "Le ministère de la culture et de la communication est déterminé à tout mettre en oeuvre pour que les films de Pierre Etaix puissent être à nouveau diffusés sur tous supports et soient accessibles au plus large public".

Aussi, 48 heures avant l'inauguration du 62e Festival de Cannes, nous espérons pouvoir déposer 50 000 signatures à l'attention de Madame la Ministre.

Si, comme chaque signataire, vous invitez deux nouvelles personnes à signer cette pétition, nous atteindrons rapidement les 50 000 signatures !

Alors, parlez en à vos amis, collègues, conjoint... ou mieux, prenez un peu de votre temps, copier / coller le lien ci dessous et envoyez-le avec un petit mot à tous vos contacts en demandant de faire suivre...

http://sites.google.com/site/petitionetaix/

(il s'agit d'un mini site rappelant les faits et permettant d'accéder à la pétition et à bien d'autres documents)

Comme l'a si poétiquement dit Antoine Hervé dans son message à Pierre Etaix: « Ce qu'une goutte d'eau ne peut, l'orage le pleut »

Merci de votre aide.

Les amis de YoYo.

PS: Quelques nouvelles importantes:

L'association "Il Étaix une fois..." est en train de naître. Rejoignez-nous ! Pour plus d'infos: http://sites.google.com/site/petitionetaix/l-association-il-etaix-une-fois

Puisqu'il ne peut plus montrer ses films, Pierre Étaix a décidé de revenir au Music Hall !!!! Plus d'infos à cette adresse: http://sites.google.com/site/petitionetaix/pierre-etaix-remonte-sur-les-planches

L'association "Il Étaix une fois..." se propose de financer les premières répétitions. Si vous souhaitez adhérer à l'association afin de nous aider à réunir les financements nécessaires à cette première phase de travail, contactez-nous à cette adresse : lesfilmsdetaix@gmail.com

Par ailleurs, nous sommes à la recherche de locaux de répétition avec piano sur Paris (pour pas trop cher) et pour une dizaine de jours.

A part cela:
La pétition est toujours à cette adresse: http://www.ipetitions.com/petition/lesfilmsdetaix/

Vous pouvez télécharger un dossier et une revue de presse réactualisée à cette adresse: http://www.edaguide.fr/etaix/DossierPresseFr.pdf

Le site est là:
http://www.lesfilmsdetaix.fr/

Et pour tout renseignement, commentaire ou suggestion, c'est ici:
lesfilmsdetaix@gmail.com

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Une comico-tragédie en quelques actes.

* Prologue

Il était une fois cinq longs-métrages de Pierre Etaix qui dormaient depuis bien des lunes dans leurs écrins de métal, n’attendant que l’arrivée du Prince Charmant de la Distribution pour les ramener à la vie…

* Acte I

Contrairement à la Belle au Bois Dormant qui, elle, roupillait sans prendre de rides; les films de Pierre Etaix, comme tant d’autres, avaient subi les outrages du temps. Bref, un sérieux toilettage s’imposait; les spécialistes appellent ça une « restauration ».

N'ayant pas accès aux négatifs pour de simples raisons juridiques, Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière demandèrent à une Bonne Fée du Droit de les aider, ce qu'elle fit avec succès.

Les alchimistes de la restauration allaient enfin pouvoir se mettre au travail et nous, les petits Lutins cinéphiles, retrouver YOYO et LE SOUPIRANT ou redécouvrir l’incroyable modernité du PAYS DE COCAGNE.

Tout allait bien chez les lutins. Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière étaient heureux.

* Acte II

Le plus dur restait à faire : trouver de l'argent pour restaurer, un distributeur pour distribuer, et enfin des salles pour accueillir...

Confortée par son succès auprès des tribunaux et assurée de la confiance que lui témoignaient désormais nos deux compères, la Bonne Fée du Droit eut une idée : ne plus attendre l’hypothétique arrivée d’un Prince Charmant, agir dans l’intérêt de YOYO, faire que LE SOUPIRANT retrouve son souffle et que Pierre Etaix jouisse enfin de son PAYS DE COCAGNE ...

Justement, notre Bonne Fée du Droit connaissait un Chevalier Blanc : c’était son frère. Il trouverait des financements pour la restauration des films, défendrait les intérêts des auteurs, pourfendrait les ignobles et les malveillants…

Un Chevalier Blanc estampillé « Bonne Fée du Droit», « c'est tout de même plus fiable qu'un Prince Charmant qu'on ne connaît même pas », s'écrièrent nos deux compères !

* Acte III

Au pays des Lutins, on piaffait déjà d’impatience à l’idée de revoir les films de Pierre Etaix ! Mais, avant toute chose, il fallait régulariser la situation du nouvel arrivant.

La Bonne fée du Droit prépara donc un parchemin… Feuchechcrrr ; Feuchechcrrreuh, Feuchechcrrr, (c’est le bruit de la plume d’oie en train d’écrire). Le parchemin contenait les formules magiques grâce auxquelles tous les droits sur les films, en exclusivité et pour le monde entier, pourrait peut-être, le moment venu, être cédés au Chevalier Blanc en récompense de sa vaillance…

C’est peut-être un peu compliqué pour nous, petits Lutins, mais c’est ainsi.

Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière avaient signé le parchemin, sans trop y regarder, persuadés que la Bonne Fée du Droit avait agi au mieux de leurs intérêts communs. L'urgence était de restaurer les films, le reste n'étant que formalité...

* Acte IV

Trois longues années passèrent…
Pas un centimètre de pellicule n’avait été restauré !
Les films dormaient toujours dans leurs boîtes. Au pays des Lutins, on s’impatientait grave…

Le Chevalier Blanc devenu Chevalier Fantôme, Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière dénoncèrent le parchemin rédigé trois ans plus tôt. Une très officielle missive fut acheminée par les deux Porteurs du Roi. L’un s’appelait Lettre Recommandée, l’autre Accusé de Réception (c’était un noble). Quoi qu’il en soit, la missive ne suscita pas la moindre réaction.

« Qui ne dit mot consent » pensèrent Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière, davantage préoccupés par le destin de l'oeuvre, que par l'incurie du Chevalier Blanc. Nos deux compères décidèrent donc de se débrouiller seuls…

* Acte V

En quelques mois, ils obtinrent ce que notre « ex-Chevalier Blanc » avait mis trois ans.... à ne pas obtenir : des financements. La fondation GROUPAMA GAN pour le cinéma proposa de prendre en charge la restauration du superbe YOYO.

Enfin du concret !

Sans perdre de temps, François Ede, (il nous fit redécouvrir la couleur de Jour de fête de Tati), entreprit le toilettage du film.

Centimètre par centimètre, Pierre Etaix retrouvait YOYO, ou peut-être était-ce l'inverse.

Quoi qu'il en soit, YOYO aima l'acte V, Pierre Etaix aussi.

* Acte VI

L'acte VI aurait pu être le dernier; un « happy end » bien mérité, mais non. Le bonheur des uns réveille parfois la concupiscence des autres...

La Bonne Fée du Droit et le Chevalier Blanc firent soudain irruption, brandissant le fameux parchemin, pourtant dénoncé par nos deux compères. Ils s'indignèrent, prétendirent qu'aucune démarche touchant l'oeuvre de Pierre Etaix ne pouvait se faire sans eux, etc... etc...

L'immobilisme professionnel d'hier se transforma en une véritable agitation juridique...

Il y eut même un procès en référé... que Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière perdirent. Aux vues des formules magiques du parchemin, le Juge considéra que cette affaire ne relevait pas de sa compétence. Et pourtant, Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière furent condamnés à verser une forte somme d'argent, pour cause de réveil intempestif de la Bonne Fée du Droit et de son Chevalier Blanc.

Juridiquement, Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière ont perdu leurs droits sur leurs cinq longs-métrages… Au pays des Lutins, c’est la consternation.

* Acte VII

Malgré tous ses déboires, l'acte VII est heureux, et c'est tant mieux.

Le magnifique YOYO restauré fut tout de même projeté en 2007 au festival de Cannes et à la Cinémathèque de Paris. Quelques Lutins rieurs eurent la chance de redécouvrir le film tel que l'avait imaginé le clown-réalisateur quarante-trois ans plus tôt. Ce fut un triomphe, malheureusement de courte durée.

# Épilogue et derniers rebondissements :

Les éclats de rire et les extases cinématographiques des Lutins de la Croisette contrarièrent le Chevalier Blanc… qui se mit à voir rouge ! Il farfouilla dans ses poches, ressortit le fameux parchemin et cria au scandale !! Par tous les Thénardiers, de quel droit une simple fondation d’assureurs cinéphiles se permettait-elle de ressusciter YOYO puisque YOYO, même mort, lui appartenait ? Le Chevalier Blanc, vert de rage, assigna la Fondation Groupama Gan devant les tribunaux en demandant 1.400.000 euros de dommages et intérêts pour résurrection non autorisée!

Au pays des Lutins, on culpabilisait presque… Que faire ?
Les uns divisèrent la somme par le nombre de Lutins présents aux projections de Cannes et de Paris : 2105,263 euros par Lutin Yoyophile. Ça faisait cher la place de cinéma!
D’autres considérèrent le facteur temps. Yoyo les ayant fait marrer pendant 92 minutes (génériques non compris), le préjudice pouvait donc s’estimer à 1.400.000 : 92 = 15.217,3913 euros la minute de rigolade! Tous ces chiffres leur donnaient le tournis. Lutins et Lutines décidèrent de ne plus y penser et se mirent à rêver au jour ou ils pourraient enfin redécouvrir les films d’Etaix… sans que cela coûte ni larmes, ni tombereaux d’écus.

Les auteurs pensaient un peu la même chose ; mais, la nuit, leurs rêves tournaient parfois au cauchemar : tout commençait dans une salle de cinéma pleine de jeunes Lutins rieurs et turbulents. Nos deux compères étaient là, dans la cabine de projection. L’un préparait le projecteur, l’autre s’apprêtait à ouvrir la boite du premier film quand soudain… horreur ; la pellicule n’était plus que poussière, filant entre les doigts comme une poignée de sable noir ! Ils se précipitaient sur la deuxième : idem… C’était en général vers la troisième ou quatrième bobine qu’ils se réveillaient, en sueur, le cœur battant la chamade ; un peu comme Cosette devant le Sergent de Waterloo !

Craignant que le cauchemar se transforme en prophétie, Etaix et Carrière consultèrent les sages: un herboriste… et un homme de bien, spécialisé dans la conservation et la restauration des films anciens. Le premier prescrivit un savant mélange de plantes et de racines pour retrouver le sommeil, le second estima qu’il convenait d’expertiser, voir de restaurer les négatifs avant qu’il ne soit trop tard !

Une fois de plus, nos deux compères trouvèrent, seuls, les subsides nécessaires à cette couteuse opération. La fondation THOMSON proposait de casser sa tirelire pour quatre longs métrages ! (le cinquième, YOYO, ayant déjà été restauré par GROUPAMA GAN).

Pour éviter les foudres du Chevalier Blanc, les menaces d’un nouveau procès et des demandes de dommages et intérêts astronomiques, Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière décidèrent de demander au juge l’autorisation de procéder à cette délicate opération sans attendre les conclusions d’un procès qui semblait bien parti pour durer...

Le 31 octobre 2008, jour de la saint Quentin, veille de Toussaint et avant veille du jour des Trépassés, la justice déboutait une nouvelle fois les auteurs. La juge, estimant qu’il ne lui revenait pas de décider d’une telle faveur, renvoya l’affaire à une prochaine audience. Elle devrait avoir lieu le 15 mai, jour de la Saint Denise, et comme dit le dicton : « À la Saint Denise, s’arrête la bise », enfin, espérons le…

En attendant, après plus d’un an de procédure, Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière en sont au même point : dépossédés de leurs films, sans même la possibilité de les soustraire à une destruction programmée…

Au pays des Lutins, on souhaiterait simplement que la raison l’emporte, que le droit soit juste et que Pierre Etaix récupère enfin ses films.

Aujourd'hui, Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière tentent de « récupérer leurs films » en faisant valoir leurs droits auprès de la Justice. Vos témoignages de soutien sont importants.

Si, comme nous, vous aimez l'univers de Pierre Etaix et de Jean-Claude Carrière, signez cette pétition soutien ICI, vous contribuerez ainsi à la ressortie de leurs films.