L'Enquête met en scène deux flics, un homme et une femme, interprétés par les Britanniques Clive Owen et Naomi Watts. Parcourant sans relâche les grandes métropoles du monde, ils sont sur la piste d'une banque d'affaires luxembourgeoise qui trempe dans le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Ou comment relier les sujets les plus inquiétants du moment : l'immoralité du système financier et le fanatisme politique.

Ce thriller, qui s'inspire de la faillite d'une banque de la City de Londres en 1991 (la BCCI), est de surcroît réalisé par un enfant du pays né à Wuppertal en 1965, auquel le succès de Cours Lola cours, en 1998, a ouvert les portes des grosses productions – on lui doit aussi Le Parfum, et L'Enquête est une coproduction germano-américaine.

LE GUGGENHEIM DÉTRUIT

Le film présentait donc toutes les qualités pour réchauffer le cœur du fervent public. Toutes sauf une : la qualité artistique. Manichéen au possible, mis en scène sans surprise, mollement interprété, il ne fera pas date.

Son principal morceau de bravoure, pour certains, est la destruction par balles de la rotonde du Musée Guggenheim de New York reconstitué aux studios allemands de Babelsberg. Retenons plutôt le moment où l'inspecteur d'Interpol tient enfin le dangereux bras armé de la banque (Armin Mueller-Stahl), et lui demande sur un ton navré comment un ex-agent de la Stasi, épris d'idéal, a pu rejoindre le côté obscur de la force capitaliste. Les voies de la nostalgie sont impénétrables.

Mais la Berlinale semble avoir d'autres munitions en réserve. On attend, parmi les 18 films en compétition jusqu'au 15 février, London River du Français Rachid Bouchareb, une évocation romancée des attentats de Londres le 7 juillet 2005, Storm de l'Allemand Hans-Christian Schmid, qui reconstitue l'enquête d'un procureur au tribunal international de La Haye contre un criminel de guerre de l'ex-Yougoslavie, The Messenger, premier long métrage américain de l'Israélien Oren Moverman, qui remet sur le métier le motif de la douloureuse réinsertion d'un GI revenu du front irakien, ou encore The Milk of Sorrow de la réalisatrice péruvienne Claudia Losa, qui revient sur l'histoire récente et sanglante de son pays. Bertrand Tavernier et François Ozon représentent aussi la France.

Hors compétition et vingt ans après la chute du mur de Berlin, un film suscite déjà beaucoup d'intérêt : Deutschland 09, collectif de courts métrages réalisés par quatorze cinéastes allemands (parmi lesquels Romuald Karmakar, Christoph Hochhäusler, Angela Schanelec ou Fatih Akin), dans lequel chacun livre sa vision de l'Allemagne contemporaine.

Source : www.lemonde.fr / Jacques Mandelbaum
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