L’acteur, absent le soir de la cérémonie - il est actuellement en tournage au Panama, avait laissé un texte à Antoine de Caunes, à lire «au cas où» il remporterait le prix. «Et comme le cas où est arrivé, il a été lu, paraît-il très bien, par De Caunes mais.... pas jusqu’au bout, regrette Mathieu Amalric sur le site des Cahiers du Cinéma. Je n’en reviens pas. Je ne savais pas que c’était si simple que ça, la censure.»

Or, d'après Libération, la coupe a été faite sans qu'Antoine de Caunes ne soit au courant («on m'a passé quatre fiches et j'ai tout lu, de la première à la dernière ligne», dit le journaliste), sur décision conjointe de Renaud Le Van Kim, le producteur exécutif des Césars, et de l'agent d'Amalric. «Nous avons décidé de raccourcir la lettre parce que nous avions déjà du retard, explique Renaud Le Van Kim. On a enlevé la partie sur les multiplexes parce que Jeanne Moreau venait, mot à mot, de dire la même chose.»

Son discours était-il trop long? Ou trop engagé?

Les paragraphes manquant du discours d'Amalric tempêtent contre l’«insupportable "trompe l’œil" des multiplexes» et «les chiffres comme seule ligne d’horizon». L’acteur enchaînait en disant: «vous avez déjà parlé à quelqu’un dans un multiplexe? Pas moi. D’ailleurs c’est impossible, ce qui compte c’est le flux. "Circulez s’il vous plaît, y’a rien à voir". Au suivant ! bande de Brel.»

Cette citation n'a pas été lue sur la scène vendredi soir, alors qu'au même moment, la SRF (Société des réalisateurs français) distribuaient un tract pour fustiger, entre autres, la concentration des grands réseaux face aux «salles indépendantes qui crèvent la bouche ouverte», comme le disait Agnès Jaoui dans une interview à 20minutes.fr, quelques heures avant le début de la cérémonie.

Source : 20minutes.fr / AA
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