Absent à l'audience, Fabien Sarfati avait assigné devant la 3e chambre civile les producteurs des sketches et du long-métrage ainsi que Jean Dujardin, l'acteur incarnant Brice de Nice, également absent. Il leur reproche d'avoir, sans son autorisation, exploité certains sketches dont il se dit co-auteur.

Personnage de fiction créé par Jean Dujardin dans les années 1990, Brice est un surfeur de Nice (où il n'y a pas de vagues...), dont la principale activité est de "casser" ses interlocuteurs à coup de remarques acerbes.

Les quatre sketches concernés, "La Drague", "La Leçon de Casse", "Le Bar branché" et "Les Vacances", avaient été tournés dans les années 1990 par Fabien Sarfati. Souvent qualifiés d'"historiques", ils ont été repris sur des sites internet, puis ont inspiré le long-métrage tourné en 2005 par James Huth.

Pour l'avocate de M. Sarfati, Me Anne De Cayeux, son client doit être considéré comme co-auteur car "en qualité de réalisateur, il a apporté un tempo particulier à ces saynettes".

L'avocate a notamment mis en avant le procédé utilisé par M. Sarfati du "regard caméra", qui représentait "un choix original et créatif".

Cette façon du personnage de s'adresser au spectateur en regardant directement la caméra "n'a rien d'original, c'est un procédé technique extrêmement courant", lui a répondu Me Benoît Goulesque-Monaux, citant des cas aussi connus que Laurel et Hardy ou Pierrot Le Fou de Jean-Luc Godard.

"Rien ne permet à M. Sarfati de revendiquer un quelconque droit sur ce personnage", dont "l'originalité tient essentiellement au texte et au jeu" de M. Dujardin, a ponctué l'avocat de l'acteur et de la société de production Mandarin Films.

Si le tribunal reconnaissait à M. Sarfati un statut d'auteur, la défense a rappelé que celui-ci avait de toute façon "cédé ses droits patrimoniaux aux sociétés de production", par le biais de contrats tout à fait réguliers, et que par conséquent, il ne pouvait rien réclamer aujourd'hui.

Le second avocat de M. Dujardin, Me Jérôme Henry, a dénoncé "l'opportunisme" d'une telle démarche car, selon lui, c'est bien "le succès du film qui a relancé les sketches" et non l'inverse.

M. Sarfati "aurait pu intervenir" avant même la sortie du film et "limiter ainsi le préjudice dont il se plaint aujourd'hui". A présent, a conclu Me Henry, "il vous réclame des montants astronomiques" car "quand un film fonctionne, ça réveille des appétits et des ambitions".

Selon son avocate, M. Sarfati estime que "sa carrière aurait pu avoir une autre tournure" si son nom et sa qualité de réalisateur avaient été apposés aux côtés des sketches.

Le tribunal rendra son jugement le 14 novembre.

Source : AFP
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