JÉRÔME CLÉMENT, président d’Arte France et vice-président d’Arte, devrait signer incessamment le contrat d’objectifs et de moyens (COM) qui liera la chaîne à l’Etat, de 2007 jusqu’à la fin 2011.

« Je voulais que ceCOMsoit signé avant les élections afin de disposer d’un document écrit », indique M. Clément. Ce contrat fixe les missions et les objectifs de la chaîne pour les prochaines années et, en contrepartie, l’Etat lui accorde un financement pour toute sa durée. Ainsi, pour ses orientations stratégiques, Arte France s’engage à poursuivre le projet « Arte Global » qui propose ses programmes sur tous les supports (DVD, VOD, Internet, ADSL, mobile…) et devra renforcer son positionnement éditorial en consolidant son audience.

Pour la première fois, celle-ci a été chiffrée : la chaîne devra réaliser 3,5 % de parts d’audience contre 3,3 % en 2006 sur l’analogique et devra monter à 2 %, contre 1,5 % actuellement, sur la télévision numérique terrestre (TNT). Pour le câble et le satellite, elle devra atteindre 1 %, contre 0,7 %. Sur ces bases, l’Etat accordera à Arte France une hausse annuelle de 3,4 % de la ressource publique, et son budget pour les programmes augmentera de plus de 5 % par an. « C’est un bon contrat. La bataille n’a pas été très difficile car nous avons été compris et entendus », estime M. Clément en soulignant que la chaîne devra toutefois faire un effort sur ses frais de fonctionnement.

L’objectif est aussi de conquérir le public des 25-49 ans qui ne représente actuellement que 30 % de son audience ainsi que d’autres catégories socioprofessionnelles. Philippe Chazal, directeur des projets d’Arte France, travaille, pour septembre, à une plus grande lisibilité de la grille et à une nouvelle structure des programmes dans la journée, en fonction des publics disponibles. « Nous devons assouplir nos règles de programmation et être plus réactifs », insiste M. Chazal qui réfléchit aussi à une évolution de l’habillage de la chaîne « en accord avec l’air du temps ».

Cette nouvelle identité devrait se traduire par de gros investissements dans la fiction et le documentaire et par une prise en compte de la dimension multimédia des programmes.« Nous allons renforcer le soutien à la création audiovisuelle et cinématographique française et européenne », affirme M. Clément, en rappelant que la chaîne, en tant que coproductrice, a été récompensée aux Césars avec Lady Chatterley de Pascale Ferran (qui sera diffusé sur Arte le 1er juin dans sa version longue), et aux Oscars avec La Vie des autres de l’Allemand Florian Henckel Von Donnersmarck. « C’est notre honneur de prendre des risques dans la création, car ces films, aucune autre chaîne n’en voulait », souligne M. Clément.

Nouvelles technologies
Concernant les nouvelles technologies, la chaîne a développé, depuis le printemps 2006, une importante offre en VOD sur Internet. Dernièrement, elle a proposé L’Embrasement, une fiction-réalité retraçant l’enquête sur les événements de Clichy-sous-Bois qui a été téléchargée 50 000 fois. Dans le domaine de la haute définition, une première version est déjà proposée sur l’ADSL et devrait être bientôt disponible sur le câble. Arte compte aussi développer ses programmes culturels et européens sur la télévision mobile personnelle.

Enfin, dans le cadre de ce COM, Arte va favoriser son développement à l’international en contribuant à l’ouverture de nouvelles fenêtres de diffusion et en signant de nouveaux accords de programmation en langues locales.

Source : LE MONDE du 6 mars 2007 / Daniel Psenny
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