Samy Naceri, 45 ans, a failli être l’acteur maghrébin phare du cinéma français. Mais il est désormais plus connu pour ses frasques judiciaires que pour sa carrière cinématographique.

Tout avait pourtant bien commencé: en 1994, dans «Léon», le film de Luc Besson, il tient un petit rôle, masqué sous une cagoule. Puis, en 1995, sous la houlette du réalisateur Thomas Gilou («La Vérité si je mens»), il joue dans «Raï» et remporte le prix d’interprétation masculine au festival de Locarno. S’ensuivent, deux ans plus tard, des retrouvailles avec Besson pour le premier «Taxi» de la série. Carton mondial: plus de 8 millions d’entrées. Sacré as du volant, il devient l’égérie beur de toute une génération. Notamment à Marseille. En témoigne son apparition comme bastonneur de choc dans le clip d’Iam, «Nés sous la même étoile».

Malgré des errances - menaces, histoires d'alcool et une violente altercation avec l’écrivain Salman Rushdie sur un plateau de télé le 15 octobre 2005 -, on retrouve l’acteur en 2006 dans «Indigènes», de Rachid Bouchareb. Décoré d’un prix d’interprétation collectif au festival de Cannes, il reste pourtant dans l’ombre tandis que ses acolytes Sami Bouajila et Jamel Debbouze tiennent l’affiche.

Le casier judiciaire de Naceri le rattrape: huit condamnations au compteur. Le magazine «Technikart» ironise: «"Taxi 4" devait le sortir de la mouise (Besson, enseigne caritative, prétend l’avoir fait "pour Samy"), mais une énième altercation en boîte de nuit le renvoie derrière les barreaux». Samy Naceri s’explique lors d’une interview reprise par TF1: «Je voulais mourir, j’ai pris la moitié d’une boîte de Lexomyl et 15 whiskys. Je sors et me retrouve au poste. Ils m’ont laissé toute la nuit dans le cachot en caleçon en me disant "quand tu auras dessaoulé, on verra"».

Les dernières réquisitiions viennent de tomber pour Naceri, avant un autre procès à venir, en avril: deux peines de trois mois de prison ferme pour violences avec arme contre des employés d'une discothèque d’Aix-en-Provence et pour outrage à policiers. Verdict attendu le 16 février.

Alice Antheaume pour 20minutes.fr
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