C’est une page qui se tourne. Plus de trois ans après avoir acquis Mars Distribution, à l’époque filiale de Bac Films, StudioCanal rebaptise la structure à son nom. Le distributeur salle fait ainsi bloc commun avec la maison mère, jusque dans son intitulé, au même titre que les départements de coproduction, de vidéo et de ventes internationales.

Si le départ de Stéphane Célérier, à la barre de l’outil depuis sa création, n’y est pas totalement étranger, ce tournant marque une étape logique pour un groupe qui revendique le titre de première société de cinéma française intégrée.

“En fait, précise Frédéric Sichler, directeur général de StudioCanal, Mars a été intégré physiquement à l’automne 2003. Fusionnée fin 2005, la marque a dès lors disparu en tant qu’entité juridique. Depuis un an, Mars était un label utilisé par StudioCanal pour distribuer ses films dans les salles françaises. En cohérence avec le développement de StudioCanal dans l’Hexagone et à l’étranger, il fallait une seule bannière pour la commercialisation de tous nos produits, sous toutes leurs formes.”

Dont acte. Au terme d’une année record pour Mars Distribution qui s’est placée à la première marche au classement des distributeurs français (3e après Gaumont Columbia TriStar Films et Twentieth Century Fox), Stéphane Célérier cède donc sa place toute chaude à Philippe Désandré, transfuge de Warner Bros. Un profil différent pour le nouveau directeur de la distribution de StudioCanal ? “Longtemps directeur des ventes, Philippe Désandré a une grande expérience du terrain sur la France entière, et en même temps la culture d’un groupe international. Nous attendons de lui qu’il joue un rôle de coordination dans l’optique d’épanouir, le temps venu, StudioCanal sur les principaux territoires européens. Le Benelux étant la prochaine étape après l’acquisition, l’année dernière, de l’Anglais Optimum. Il nous faut créer des relations fortes au sein des films StudioCanal, des réflexes d’immédiateté pour les sorties, etc. Dans la phase actuelle, et afin d’éviter les échecs passés, il est nécessaire de conforter notre culture de groupe français sur des comportements internationaux.”

Un outil également mis à disposition des indépendants
Très satisfaisante pour le Dg de StudioCanal, l’année 2006 serait le résultat du travail réalisé depuis trois ans. “C’est le line up qui fait le résultat. Mars, qui perdait 7 ME en 2003, est aujourd’hui profitable grâce au choix des films, à la rationalisation de la gestion et au travail d’une équipe hypermotivée. Les talents doivent trouver dans StudioCanal non pas une personne en particulier mais des équipes capables de les satisfaire selon leurs besoins : en production, en distribution salle, en commercialisation vidéo.” Une façon de répondre à ceux qui voyaient dans le départ de Stéphane Célérier le risque de fuite de certains producteurs ou réalisateurs. Et de conforter l’image d’un outil solide également mis à disposition de partenaires indépendants.

Le cap est donc mis sur 2007, avec 26 films programmés en salle. C’est Truands de Frédéric Schoendoerffer qui lancera la vague française tandis que David Lynch donnera le ton anglo-saxon avec INLAND EMPIRE. Avec pour consigne à l’équipe de Philippe Désandré de renouveler les performances et d’affiner la réflexion sur un marketing global, en utilisant des outils numériques adaptés à tous les supports.

Source : Sophie Dacbert / LEFILM FRANCAIS
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