A côté de ses nombreuses activités, Arthur avait envie “de faire un peu de cinéma”. Maxime Japy, lui, désirait y revenir. Après 12 ans passés chez Pathé, notamment à la tête de la distribution vidéo, il a été le premier en France à lancer la distribution de films par internet, avec MovieSystem. Une société vendue à Canal+, rebaptisée CanalPlay et qu’il a quittée en 2006.





Arthur et Maxime Japy viennent ainsi de s’associer à 50-50 pour fonder Serenity Films, société de production de longs métrages. Japy préside la structure, Arthur assumant des responsabilités artistiques au côté de Rosa Attab, une transfuge de Wild Bunch, nommée pour l’occasion directrice artistique. “On y va en toute humilité, précise Arthur. C’est pour ça qu’on s’appelle Serenity Films. On ne veut pas faire de vagues, juste des entrées ! Pour cela, on désire produire des films qu’on a envie de regarder, des comédies et des comédies romantiques.” Maxime Japy enchaîne : “Notre ambition est de produire deux, voire trois à quatre films par an. Nous allons démarrer doucement, avec des devis maîtrisés, dans la moyenne de la production française. Il s’agit d’être le plus efficace possible par rapport au public visé. Nous sommes à l’affût de tous les projets qui germent et nous avons monté une cellule de jeunes auteurs pour développer nos idées. Nous comptons les associer dans le respect du droit d’auteur, selon leur spécialité. Parmi eux, beaucoup viennent de la télé.” “Certains sont plus doués dans la structure du récit, d’autres dans les vannes, ajoute Arthur. Il y a beaucoup de bonnes choses à prendre de la télévision dans la manière de faire fonctionner des histoires. Moi, j’apporte mon sens du public. Je n’ai aucune autre prétention que de produire des films populaires, au sens noble du terme.”

Déjà, un des atouts de Serenity Films réside dans sa réelle capacité financière pour développer ses projets, due à l’activité présente ou passée des deux complices (rappelons qu’Arthur est vice-président d’Endemol France). “Nous pouvons mener l’aventure de manière tout à fait indépendante pendant deux ans”, assurent-ils. En outre, les relations privilégiées d’Arthur avec TF1 ont permis la conclusion d’un deal sur un ou deux films. “Mais nous comptons travailler avec tous les opérateurs !”




Les deux associés ne veulent pas encore dévoiler leurs projets les plus avancés, toutefois ils lâchent un film avec Élie Semoun, ainsi qu’un autre à destination des ados coproduit à égalité avec Juliette Renaud. Cette ex-Canal+ vient de quitter Wild Bunch où elle chapeautait les coproductions internationales, et après une première coproduction déléguée, Comme t’y es belle ! de Lisa Azuelos, sorti au printemps dernier. Une expérience réussie qui lui permet de créer aujourd’hui sa propre structure. Outre cette coproduction, Serenity Films a conclu avec elle un accord de prestation pour le volet financement international des films.

Vers de nouveaux supports

“Nous sommes ouverts à toutes formes de partenariats, souligne Maxime Japy. Je vois ce métier comme un puzzle qui consiste à réunir les compétences de chacun.” Or, si Japy peut s’appuyer sur son expertise en matière de distribution, surtout sur internet, Arthur est aussi sensibilisé à ces questions. Du coup, cette présence sur les “nouveaux supports” est une composante essentielle de leur entreprise. À ce stade, Maxime Japy dévoile juste leur point de vue. En attendant l’annonce de nouveaux partenariats ? “Nous sommes convaincus que le marketing traditionnel des films doit s’adapter aux nouveaux outils que sont le marketing viral [sur le web, Ndlr], la téléphonie mobile, les forums et autres chats, notamment pour toucher les jeunes. Or, ces développements sont à prévoir très en amont, dès la préparation des films.”

Cet intérêt pour les nouvelles technologies, Arthur et Maxime Japy le concrétisent avec une société sur internet : ils préparent ainsi un portail généraliste à destination de la génération des “baby boomers” qui “arrivent massivement sur la toile sans trop savoir comment ça marche”. Le portail, en cours d’élaboration, aura un volet éditorial avec des infos pour ce public et une partie appropriation du monde numérique (installation, maintenance, formation). S’il se consacrera en priorité au cinéma (un Dg est attendu en janvier pour le portail), Maxime Japy ne quitte pas vraiment internet qu’il a découvert avec MovieSystem : “Après cinq ans à me battre pour la distribution des films sur internet, notamment en vidéo à la demande, je sais ce qui prime : le contenu, les histoires et leur qualité. Peu importe le mode de diffusion tant que le contenu est adapté à la cible. Et je pense qu’il est indispensable de préserver nos salles de cinéma, le premier mode d’exposition des films qui donne leur visibilité sur tous les autres.” À bon entendeur…

Source : Sarah Drouhaud / Le Film Français
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