Closer, France Dimanche, Ici Paris, Gala, Point de vue, Public, et Voici. À eux sept, ces magazines payants pour le grand public totalisent une diffusion de près de 3 millions de copies en France. Avec ces magazines, on est au cœur de la presse people, mais il y a quantité d’autres magazines et de journaux qui consacrent une partie de leurs pages à la même chose, pour l’essentiel. Une bonne partie des Français et des Françaises, à des degrés divers, se passionne pour ce genre de presse. C’est bien entendu un business, où des éditeurs fournissent à des lecteurs curieux les potins, les photos, les petits secrets et les confidences d’heureux élus, ceux qui sont l’objet par leur notoriété de l’attention d’un certain public et qui en tirent directement ou indirectement des avantages financiers.

Alors que certains se consacrent à leur développement personnel, lisent de la bonne littérature, apprennent à jouer d’un instrument ou emploient utilement leur temps, certains sous-alimentés du bulbe assouvissent leurs tendances voyeuristes déclarées pour mater les « people », ce qu’ils font, avec qui ils couchent, d’avec qui ils se séparent, et aussi ce que ces fameux « people » peuvent exprimer comme pensée profonde. Et, bien entendu, chacun de ces admirateurs voyeurs a l’ambition d’acheter la même montre, les mêmes fringues ou la même bagnole dont le « people » fait ouvertement la promotion contre espèces sonnantes et trébuchantes. Ça fait marcher le commerce et c’est bien pour cela que ça existe, sinon quel intérêt ça aurait pour ceux qui, là encore, exploitent la bêtise du bon peuple. La nature a horreur du vide. S’il y a un tas de cons prêts à payer pour mater, il y a des gens qui vont monter une industrie pour en profiter.

Ce phénomène entretient l’aliénation du bon peuple. Parfois, cette faculté des medias à créer un « people » à partir d’un comédien ou d’un chanteur ou d’un mannequin plutôt qu’un autre dérape, et nous donne... Ségolène Royal. Non pas que l’on fasse une fixation sur cette personne au demeurant insignifiante (c’est le mot), mais elle a bénéficié à fond du phénomène « people ». La gent politique trouve régulièrement sa place dans les medias, et ils occupent l’actualité, presque à la monopoliser. Mais dans le cas de Ségolène, elle a été fabriquée de toutes pièces par les medias. Non seulement elle les monopolise mais c’est leur chouchou. On pourrait hériter d’une Présidente de la République dont le seul mérite est d’avoir été propulsée par les medias. La médiocrité n’est plus un handicap. On est choisi par les medias, on devient désirable pour la presse people et l’on accède à un statut privilégié où le talent et le mérite n’ont rien à voir.

À l’ère de la communication, où l’on n’a jamais aussi peu communiqué entre êtres humains, le phénomène « people » devrait perdurer, hélas, car toute une industrie s’est bâtie autour et des millions d’abrutis s’entichent pour les potins de ceux qui sont exposés en permanence et pour des raisons diverses aux feux de la rampe. Après tout, si c’est pour eux une façon d’occulter leur angoisse existentielle et de trouver du plaisir...

Ashoka.

Source : http://www.oulala.net
directeur de production producteur cinema television productrice tournage plateau comedien directrice