Synopsis :
Le jour de son anniversaire, Jeanne apprend de sa mère que son père est Indien, Hindou de l'Inde, rencontré en voyage. Un "Intouchable", lui dira sa mère. Jeanne est actrice, elle abandonne les répétitions de Sainte Jeanne des Abattoirs mise en scène par son amoureux. Pour partir en Inde, tout de suite, elle a besoin de fric, elle demande à son agent d'accepter un rôle de cinéma qu'elle avait refusé. On la voit jouer ce rôle comme un calvaire qu'elle s'inflige. Elle part. En Inde, elle cherchera son père, le manquera, le trouvera et le laissera. Elle revient.

La source d'inspiration :
La Croisee des destins de George Cukor dont l'histoire se passe en Inde a particulièrement nourri l'inspiration de Benoît Jacquot. Le réalisateur commente : " Il y a, en l'occurrence, une exception qui m'a beaucoup servi, c'est La Croisee des destins (1956) de Cukor, pour lequel j'avais, adolescent, une passion et que j'ai revu avant le tournage. Cette référence réelle pour L'Intouchable est pour le moins paradoxale car c'est l'un des films les plus hollywoodiens de Cukor avec une Ava Gardner sublimée dans une Inde reconstituée. "





L'actrice :
Le réalisateur avait déja eu l'occasion de travailler avec Isild Le Besco dans le film Sade, où elle campait le rôle de Emilie de Lancris. Dans L'Intouchable, la comédienne incarne une jeune femme à la recherche de son père. Le récit s'intéresse autant à Jeanne, le personnage fictif du film, qu'à l'actrice qui incarne le personnage. Benoît Jacquot explique: " D'une manière plus générale, ce qui m'intéresse avec une actrice que je connais bien comme Isild, c'est de fabriquer pour elle une fiction qui croise, à un moment donné, ce qu'elle vit ou croit vivre elle-même. Du coup, au lieu de se contenter de la distraction, de la composition comme on dit souvent, je crois qu'elle se met réellement en jeu... "

Le titre :
Le titre L'Intouchable évoque non seulement la situation du père de Jeanne, un Indien issu de la caste des intouchables, mais se rapporte aussi à la situation de Jeanne lorsqu'elle accepte de tourner dans un film pour financer son voyage en Inde. Le réalisateur explique : "Jeanne aussi, en quelque sorte, est intouchable, à l'image de ce moment où elle s'oblige à tourner dans un film qu'elle ne veut pas tourner, à l'image de cette scène où elle est intimement caressée, et qui est, pour elle, une terrible épreuve, une véritable ordalie... Comme dans un certain nombre de mes films, le rapport entre le corps et l'argent est ici très prégnant car, je crois, que, dans le lien social qui est le nôtre, les corps sont ce qui s'échange, l'argent est un équivalent du corps.".

La mise en scène :
Les scènes du film ont été tournées en 16mm et en couleur contrairement à son film précédent A tout de suite tourné en DV et en noir et blanc. L'éclairage locale représentait un véritable défi pour le réalisateur: "Le danger était néanmoins la couleur locale, c'est-à-dire l'effet carte postale, sans montrer d'ailleurs qu'on l'évite, ce qui est encore plus compliqué ! " Benoît Jacquot nous donne sa vision de la mise en scène: " Ce qui m'importait, c'est que le film puisse être beau par lui-même et non pas que l'on aille chercher des choses soit disant belles pour appuyer ou conforter son propos... ". Son deuxième objectif était de mettre en scène de manière différente, la vie parisienne de Jeanne et sa vie en Inde : " (...) en terme de mise en scène, est que le film se diviserait en un champ (on est en effet plutôt face à Jeanne dans la première partie parisienne) et un contre-champ (on se met dos à elle dès son arrivée à l'aéroport de New Delhi), comme si la caméra devenait presque subjective dans la partie indienne. "





La temporalité :
L'utilisation du temps est à la fois symbolique et poétique dans le film. Le réalisateur explique: " Je souhaitais d'abord que la musique indienne, interprétée par deux garçons extrêmement doués que nous avons rencontrés à Bénarès, soit annonciatrice du départ de Jeanne : c'est pourquoi les premières notes de sitar sont audibles dès la gare de Pont-à-Mousson, comme une invitation au voyage, un décalage dans le temps. Quant à la désynchronisation des dialogues, le réalisateur explique : " Mais ce sont surtout les dialogues désynchronisés entre Jeanne et son amoureux, qui annoncent à deux reprises l'action du film, auxquelles je tenais particulièrement pour créer une dilution du temps, un sorte d'étourdissement car, on le vérifie souvent, être amoureux, c'est entendre d'avance ce que celui ou celle qu'on aime va vous dire ! "


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