Synopsis

Betty a dix ans, elle a peur des fantômes et des recoins obscurs. Lorsque sa soeur Agnès, d'un an son aînée, s'en va en pension, Betty se retrouve seule entre ses parents, Régis et Mado, en pleine séparation et Rose, une gouvernante presque muette.

C'est alors qu'Yvon franchit le grand mur séparant le jardin familial de l'asile dont Régis est le directeur. Attendrie par sa fragilité, Betty cache Yvon plusieurs jours durant dans la cabane à vélo du jardin. Elle lui confie tout ce qu'elle a sur le coeur, bien décidée à faire de lui son meilleur ami et son confident. Yvon communique à peine. Pourtant, peu à peu, un lien de confiance, puis une sorte d'amitié se tissent entre eux.




Anecdotes

A propos du roman
Je m'appelle Elisabeth est l'adaptation cinématographique du roman homonyme d'Anne Wiazemsky. L'auteur se remémore les circonstances qui l'ont amenée à écrire cet ouvrage : "En juin 2002, au cours d'une soirée, une amie très chère que je croyais jusque-là bien connaître, me raconta soudain, en quelques mots, un épisode presque secret de son enfance : petite fille, elle avait durant trois jours caché un malade mental, "un fou", évadé de l'asile psychiatrique que dirigeait son père. Cette brève évocation me bouleversa et le lendemain matin je l'appelai pour lui demander si elle "me donnait son histoire". Généreuse, elle accepta."

Et d'ajouter : "Ce livre est devenu le film de Jean-Pierre Améris, à la fois fidèle et infidèle, très personnel et qui lui ressemble comme me ressemble aussi mon roman. Moi et lui, chacun à notre tour, avons éprouvé le besoin de s'approprier Betty, de la réinventer."

L'envie de réaliser un film sur l'enfance
Ce qui a décidé Jean-Pierre Améris d'adapter le roman d'Anne Wiazemsky, c'est le thème de l'enfance. Depuis trois, quatre ans, le réalisateur nourrissait l'idée de faire un film sur ce sujet. A une époque, il a même pensé adapter un célèbre roman pour la jeunesse des années 60, La Cicatrice de Bruce Lowry, l'histoire d'un petit garçon avec un bec de lièvre.

Et puis, Jean-Pierre Améris a lu des articles sur le roman d'Anne Wiazemsky. "Je n'aime pas le mot "pitch", explique-t-il, mais celui de ce livre-là était assez irrésistible : "Une petite fille cache un fou échappé de l'asile que dirige son père". A peu près au même moment, la productrice Fabienne Vonier l'a contacté pour l'informer qu'elle avait obtenu les droits d'adaptation et lui proposa de s'atteler à sa réalisation.

Penser "géographie"
Pour créer l'atmosphère du film, Jean-Pierre Améris et le chef-décorateur Jean-Pierre Kohut-Svelko ont "pensé "géographie". "L'idée était que Betty vivait dans une espèce de jungle inquiétante, explique le réalisateur. Je voulais que tous les déplacements de la fillette soient des petites aventures. Vus par ses yeux, les décors, intérieurs et extérieurs, devaient représenter une menace sourde. Il y a "le" mur, cette frontière au-delà de laquelle vivent "les fous" et que Betty a interdiction de franchir. Et à l'intérieur, l'escalier, les couloirs, les portes, et les secrets derrière les portes... Toute l'histoire, en fait, est affaire de territoires à habiter et d'espaces à traverser à ses risques et périls."

Sources d'inspiration
Pour la réalisation de Je m'appelle Elisabeth, Jean-Pierre Améris avait comme "points de repère" cinématographiques les films Rebecca d'Alfred Hitchcock, Les Contrebandiers de Moonfleet de Fritz Lang et La Nuit du chasseur de Charles Laughton, "car on ne peut pas ne pas y penser quand on traite des peurs enfantines". Le réalisateur confie : "Ce sont des films qui, d'emblée, vous font entrer dans un autre monde. L'étrangeté tient à des riens très maîtrisés, pas au désir forcené du metteur en scène de "faire original". Je ne compare évidemment pas mon film à ces chefs d'oeuvre mais ils ont été une source d'inspiration."




Se familiariser avec la psychiatrie
Pendant la phase de préparation, l'équipe du film a visité des hôpitaux psychiatriques et a rencontré des schizophrènes pour se familiariser notamment avec la maladie dont semble souffrir le personnage d'Yvon. Un psychiatre les a aidés à éviter certains pièges et à faire en sorte que Benjamin Ramon n'en fasse pas trop, qu'il reste le moins agité possible dans son état de panique.

Tourner avec une toute jeune actrice
Jean-Pierre Améris se souvient des conditions de tournage avec la toute jeune Alba Gaïa Kraghede Bellugi censée incarner l'héröïne du film : "Parfois elle trouvait Betty un peu trop crédule. Mais elle avait beaucoup à voir avec elle : un côté secret, et en même temps, réfléchissant beaucoup, observant tout avec une grande attention... J'ai l'habitude de faire beaucoup de prises, peut-être trop, mais elle était toujours d'accord pour recommencer. A une seule condition : que je lui explique pourquoi. Je lui disais : "Regarde, il y a peut-être un fantôme derrière cette porte.." Dans la prise, je voyais - mieux, je filmais - le fantôme dans ses yeux."

Et d'ajouter : "C'est aussi ça, la force de l'enfance : la capacité à croire. Et c'est d'autant plus précieux qu'on ne cherche rien d'autre chez un acteur : ce qu'il a dans la tête et qui passe par le regard."

Stéphane Freiss vu par Jean-Pierre Améris
"C'est un comédien assez atypique, confie Jean-Pierre Améris. Stéphane Freiss travaille beaucoup en amont, il demande beaucoup de répétitions, mais il a aussi un humour qui fait passer une étincelle dans son oeil. Son personnage, qui est très carré à l'extérieur, est complètement perturbé à l'intérieur. Ça me plaisait beaucoup d'essayer de capter cette contradiction chez un comédien très précis comme lui... En même temps, il avait à surmonter une situation frustrante pour n'importe quel acteur : le film est entièrement vu par la petite, qui est de tous les plans. Les adultes sont plus ou moins ses marionnettes, ils sont instrumentalisés par elle."

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