Alain Chabat, scénariste et producteur de Prête-moi ta main, s'est concocté un personnage de célibataire endurci dans cette comédie d'Éric Lartigau. Il incarne Luis, un homme à la quarantaine heureuse que sa mère et ses cinq soeurs veulent marier à tout prix. Pour mettre fin à leur harcèlement, il passe un contrat avec Emma (Charlotte Gainsbourg) qui jouera le rôle de la femme parfaite mais qui l'abandonnera lâchement le jour de leur mariage. Évidemment rien ne se passera comme prévu...

«J'ai un faible pour les comédies romantiques, je suis très midinette», s'exclame Alain Chabat. Mais entre nous, juste entre nous, cela faisait-il partie de ses fantasmes personnels de louer une fiancée pour un mois ? «A priori, non !, lance vivement l'auteur-interprète sans prendre vraiment le temps d'interroger son inconscient. C'est la situation qui me faisait rire. Pour Luis, la pression familiale est telle qu'il fait ce plan improbable pour avoir la paix, un plan parfait sur le papier...»

À la différence de Luis, il n'a jamais été étouffé par les siens. «Je n'ai pas subi le genre conseil de famille. Mes parents n'ont jamais jugé mes petites chéries et les ont toujours bien accueillies à la maison. Dès que j'ai eu 18 ans et mon bac, j'ai fait ce que j'ai voulu. Mais c'est vrai que j'ai une famille nombreuse. Dix frères et soeurs du côté de ma mère, même chose du côté de mon père, alors, quand on est tous réunis, c'est comme dans Prête-moi ta main, cela monte vite en décibels !»

Pareil à son héros, il a eu une adolescence marquée par des looks d'enfer, «Je n'ai jamais été punk, j'ai peur des épingles de nourrice dans les oreilles ! En revanche, j'ai eu les cheveux très longs, très rock, tendance Cure, Aerosmith ou Garage Band. Bien sûr que je rêvais d'être chanteur !»

La révélation

Dans la vie, Alain Chabat a le biorythme calme, tendance douce, souriante, effacée presque, bien loin des délires télévisuels des «Nuls». «Oui, je sais, j'ai une tête de premier de la classe... Mais quand il y a une caméra qui tourne, je me lâche.» Il eut la révélation avec Josiane Balasko. «Gazon maudit a marqué une étape importante dans ma carrière de comédien. Josiane m'a dépucelé sur beaucoup de choses ! Elle m'a donné confiance. C'était elle la patronne et je me suis laissé diriger.»




Parce que l'air de rien, Chabat aime bien jouer les grands manitous, derrière la caméra. Trois films à son actif. Didier, fable canine pleine de mordant, RRRrr ! ! !, farce préhistorique pas terrible — «on ne peut pas plaire à tout le monde», dit-il sans se fâcher — et Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, superproduction d'un bédéphile survolté. «Je n'ai réalisé le succès d'Astérix que trois ans après, parce que, sur le coup, c'était de l'ordre du virtuel, ces 14 millions et demi de spectateurs. Je me suis dit que j'allais investir ce blé dans ma boîte de production, Wam, créée il y a dix ans. Il était temps de rendre à César...»

Alors, ses projets de producteur ? «Bruno et Nicolas, réalisateurs de la série Le Bureau, commencent le tournage, en juin, d'une comédie avec Daniel Auteuil et Marina Foïs. Et je travaille sur un film, un documentaire avec des bébés humains. On les suit de la naissance à 18 mois, dans cinq environnements différents : Mongolie, Namibie, Tokyo, San Francisco, Panama. Je ne sais pas vraiment où on va... Mais ce sera une expérience émotionnelle forte qui donnera peut-être envie aux spectateurs de faire des bébés ou de les protéger !»

Comédie d'Éric Lartigau avec Alain Chabat, Charlotte Gainsbourg et Bernadette Lafont.
Durée : 1 h 30.

Source : http://www.lefigaro.fr/
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