Albert Dupontel : «Au revoir là-haut est une sorte de film d’auteur à tendance populaire»

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ALBERT DUPONTEL AU REVOIR LA-HAUT
ALBERT DUPONTEL AU REVOIR LA-HAUT
 

«Le public a toujours raison même quand il a tort», explique l’acteur qui vient de réaliser l’adaptation du Goncourt 2013 de Pierre Lemaître, en salle mercredi. Une plongée dans la vie des tranchées il y a cent ans.

Le réalisateur de 9 mois ferme et de Bernie revient dans les salles avec Au revoir là-haut, adaptation du prix Goncourt 2013 de Pierre Lemaître. L’auteur a laissé le champ libre à Albert Dupontel, qui a choisi de concentrer l’histoire autour des deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable. Ensemble, les deux personnages décident de monter une arnaque aux monuments aux morts.

Clara Géliot du Figaro Magazine l’affirme, «c’est du grand cinéma, il ne s’est pas fichu de nous, c’est épique, c’est romanesque, chaque détail est soigné.» Notre consœur a rencontré le réalisateur pour l’émission Le Plein de Culture, qui lui a confié avoir eu un certain coup de cœur pour Nahuel Perez Biscayart, l’acteur révélé par 120 Battements par minute.

Rencontre avec Albert Dupontel.

LE FIGARO – Avez vous tout de suite souhaité jouer dans votre film?

Albert DUPONTEL Pas du tout. J’avais un acteur-réalisateur de génie qui s’appelle Bouli Lanners qui était tout à fait d’accord pour faire le rôle. Presque un an avant de faire le film, nous nous étions mis d’accord tous les deux. Et à deux mois du tournage, il m’a dit “écoute, je suis trop fatigué, je n’y arriverai pas.” C’était tout à fait honnête de sa part. Le seul problème c’est qu’il m’a dit ça un peu tard. Donc j’ai cherché désespérément un autre Maillard que je n’ai pas trouvé.

Par contre ce que m’avait généré Bouli, c’est le côté brave gars qui veut s’insérer et qui porte donc sur sa tête son destin de victime. Je pensais être un peu trop névrosé par rapport à ça. J’ai beaucoup hésité puis vraiment en désespoir de cause, je m’y suis collé, parce que c’était plus pratique tout simplement. La réussite, c’est qu’on ne voit pas mon déplaisir ni mes ratages, ils sont tous partis à la poubelle. Et puis je me suis beaucoup appuyé sur les autres acteurs qui étaient vraiment tous très enthousiastes, très engagés dans le projet. Notamment mes référents immédiats dans le personnage, c’est-à-dire Laurent Laffite dans le rôle du Lieutenant Pradelle, Nahuel en Édouard Péricourt, j’ai fini par m’oublier et faire naître un peu Maillard.

À quel public s’adresse ce film?

Ce qui se passe aujourd’hui, c’est qu’on a des machines de guerre du box-office qui arrive, avec des Marvel, des choses comme ça, dont je ne suis pas vraiment fan. Même mon gamin, qui pourtant est à l’âge de la cible, n’est pas vraiment fan. Et puis il y a un cinéma plus d’auteur qui n’est pas forcément non plus très perméable. Donc je trouve que la vérité, c’est toujours ce que j’ai essayé de faire depuis BernieBernieétait une histoire triste, mais raconté avec les moyens du grand guignol. Donc il y a une vérité, un milieu, une sorte de film d’auteur à tendance populaire.

L’esthétique du film n’est pas sans rappeler celle de Jean-Pierre Jeunet…

Jean-Pierre est un maestro, un des plus grands du cinéma français. Il impose une piste d’imagerie dans le cinéma français, et toute personne qui arrive après est supposé être un ersatz de Jean-Pierre. Il y a des vraies nuances par rapport à ça. Par exemple, le classique du cinéma français, encore aujourd’hui, c’est la Nouvelle Vague, un cinéma beaucoup plus naturaliste, beaucoup plus sobre, pour ne pas dire des fois impuissant, et qui n’est pas du tout dans cette référence-là. Moi, je n’ai jamais été sensible à la Nouvelle Vague. En plus, lorsqu’on voyage à l’étranger on nous dit toujours “mais votre cinéma, ce n’est pas du cinéma français”, parce que pour eux, c’est encore tout ce qui ressemble de près ou de loin à la Nouvelle Vague, qui est souvent un cinéma très maladroit. Je le dis frontalement. Alors peut-être qu’une grammaire cinématographique excessive ne fait que traduire une impuissance d’auteur, peut-être. En tout cas, si c’est mon cas, c’est vrai. Je camoufle ce que je ne sais pas faire avec de la caméra. Mais en même temps on a un outil qui est incroyable. C’est vrai qu’une avancée de caméra peut éviter “je t’aime”. Jean-Pierre est un chef de file de ce cinéma-là.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques heures de la sortie?

Le public a toujours raison même quand il a tort. Ça m’arrangerait s’il pouvait y aller, comme ça, je pourrais faire d’autres films. S’il ne le comprend pas, évidemment je serai déçu. Maintenant, ce n’est jamais qu’un film, et rapport à la misère du monde, je pense que je m’assoirai vite sur mon chagrin.

Source : Le Figaro

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