Ce que les châteaux de France ont à gagner avec le cinéma

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LOCA EXPO - LIEUX DE TOURNAGE CHATEAUX
LOCA EXPO - LIEUX DE TOURNAGE CHATEAUX
 

Les 3 et 4 février, ils étaient 90 exposants à avoir pris leurs quartiers au Carreau du Temple pour la 5ème édition du Salon des Lieux de tournage organisé par la Commission du Film d’Île-de-France. Dans le contexte d’un marché en baisse de 5% pour la production française de longs métrages, le salon a accueilli plus de 3.200 visiteurs – tous professionnels du cinéma – pour favoriser l’accueil des tournages dans l’Hexagone. Parmi les 75 stands présents, sept châteaux s’alignaient fièrement.

L’impact de l’image

Le Château de Versailles a accueilli 197 films depuis 1904, date à laquelle fut référencée la première production tournée dans ce cadre majestueux. D’Abel Gance à Milos Forman, en passant par Benoît Jacquot et Sofia Coppola, tous ces réalisateurs ont contribué à étendre la renommée du Château à travers le monde. « Je pense que c’est très important de pouvoir continuer à accueillir des tournages pour donner envie aux personnes du monde entier de vouloir visiter les lieux. L’impact de l’image est très important pour donner envie aux gens de venir », reconnaît Jeanne Hollande de la direction des relations extérieures, qui pratique un tarif de 15.000 euros hors taxe par jour de tournage.

Au Château de Neuville dont le décor de charme a servi aux tournages de « La Vie de Château », « Cyrano de Bergerac » ou encore « Peau d’âne », on est plus pragmatique. Accueillir des productions constitue un excellent moyen pour récolter des fonds afin de permettre la rénovation de cette demeure montée en indivision. Pour cette demeure de 300 m2 située dans les Yvelines, les tarifs sont de 2.000 euros en moyenne la journée de tournage. Le Château de Fontainebleau reconnaît que les tournages de films constituent un complément intéressant à ses recettes, tablant sur 30 à 40.000 euros de gains par an dans un contexte où l’Etat favorise l’autonomie de ses services publics.

Un beau succès pour la France

Versailles est devenu de plus en plus ouvert aux tournages. Pour espérer tourner dans ce cadre de lumière, plus besoin de bien entrer dans les cases de l’histoire, le château est devenu un décor à part entière. Quelques précautions sont cependant à prendre pour quiconque s’installera ici. « On ne joue jamais avec le mobilier, on ne touche à rien », et « le château reste ouvert au public avant tout ». Les jours de tournages sont réservés au lundi – jour de fermeture jusqu’à nouvel ordre – pour les scènes d’intérieur. Le Château met à disposition du personnel pour écarter tout ce qui peut paraître moderne pour un tournage d’époque, mais dans l’ensemble, les deux mondes se juxtaposent parfaitement avec un peu de vigilance et beaucoup d’organisation. À Fontainebleau, on mobilise un agent de surveillance pour 10 personnes environ, à raison de 15 tournages par an tarifés 4.000 euros la journée. Mais Versailles pourrait voir son avenir cinématographique menacé avec le projet d’ouvrir ses portes au public le lundi. « C’est une vraie question pour l’accueil des tournages », reconnaît Jeanne Hollande, inquiète de l’impact d’une telle mesure.

En attendant, l’heure est à l’optimisme. Le Château de Versailles accueille en moyenne six tournages par an, que ce soient des documentaires, des films français ou des productions étrangères à grande échelle, à l’instar de « The Moon on the Sun » avec Pierce Brosnan et William Hurt, qui a pris ses quartiers ici pendant deux semaines. Cette production australienne, américaine, française et chinoise devait initialement se faire à l’étranger, mais après avoir visité le Château, « ils se sont dits qu’ils ne pouvaient pas faire autrement que d’y tourner », ce qui constitue « un beau succès pour la France ». Car tout l’enjeu pour l’économie française est de permettre de relocaliser les productions en France. Pierre-Emmanuel Lecerf, directeur des affaires européennes et internationales au CNC avoue qu’il s’agit de l’effet premier escompté au relèvement du crédit d’impôts qui sera applicable à partir de 2016. « Le retour pour l’Etat est plus important que le coût pour l’Etat », reconnaît-il, constatant que « dès lors que l’Etat investissait 1 euro de dépenses fiscales, le retour pour l’Etat et la sécurité sociale était au moins deux à trois fois supérieur ».

Source : Challenges – Laure Croiset

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