Charlie Hebdo: les tournages de films freinés par Vigipirate

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tournage films France
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Idolâtrée par les réalisateurs du monde entier, Paris et son activité cinématographique sont actuellement frappés de plein fouet par le plan Vigipirate, élevé à son plus haut niveau à la suite des attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et de Vincennes.

En effet, plusieurs mesures de sécurité sont prévues par la Préfecture de Police concernant les tournages dans la capitale Hexagonale. Considérés comme des «zones sensibles», les établissements publics, les lieux de culte ainsi que touristiques sont les premiers concernés. Jusqu’à une durée encore indéterminée, la Mairie de Paris, dont le travail est étroitement lié avec la Préfecture quant aux prises de vues extérieures, n’autorise plus aucun tournage se situant près des églises, Synagogues ou mosquées. Les écoles et les monuments parisiens sont logés à la même enseigne. Paris Film, cellule municipale qui délivre les autorisations de tournage, prétend que seuls deux longs métrages seraient particulièrement touchés par ces mesures (une séquence prévue près du lycée Jacques Decour ainsi qu’une scène d’un autre long métrage censée se dérouler sur le parvis de Notre-Dame). Difficile à imaginer que si peu de films soient impactés si l’on sait qu’il s’organise en moyenne 1000 tournages par an dans la capitale.

«Ce sont uniquement des mesures de bon sens», assure Michel Gomez au Figaro. Pour le délégué de la Mission Cinéma à la Mairie de Paris, «les tournages continuent», malgré l’accessibilité réduite de certains sites de la capitale, habituellement très plébiscités par les productions françaises et internationales.
Reporter, annuler ou réecrire les scènes?

Dans le cadre d’un long métrage français actuellement en tournage, Gaël Deledicq, régisseur, a lui aussi des décors extérieurs prévus dans une crèche ainsi que dans une école élémentaire. En attente de l’autorisation de la préfecture de Police, il espère, comme le reste de la production parisienne, ne pas avoir de complications. «S’il nous refusent les scènes, ce sera un vrai problème, explique-t-il. Il faudra rapidement trouver un plan B, repousser ces séquences jusqu’à la fin du tournage en espérant qu’il y aura moins de tension d’ici là, ou bien aller tourner en proche banlieue. Ce serait dommage car notre film raconte vraiment Paris».

Une improvisation difficile à gérer pour la production audiovisuelle nationale, que ce soit en termes de moyens, de délais, d’emplois du temps des équipes ou pour la direction artistique du long métrage. «Les décisions que prennent les autorités chamboulent complétement nos plans de travail, lesquels représentent déjà une équation difficile à mettre en place lorsqu’on réalise un film», confie Gaël Deledicq.

Il y a pis encore pour l’activité des professionnels du cinéma: les coupures de circulation extérieure sont désormais refusées par la Préfecture de Police. «On ne peut plus tourner dans la rue», confirme une source proche d’une société de production française au Figaro. Si certaines équipes peuvent simplement réorganiser le plan de travail de leurs films, d’autres ont été contraintes de reporter le projet à une date inconnue, et dans le pire des cas, de l’annuler.

«Bien que les attentats ont rendu plus compliqué les autorisations pour la réalisation, nous trouvons ça bien normal que des mesures de sécurité soient prises», confie la productrice d’un film d’époque en tournage et dont les scènes de rue ne peuvent pas être réalisées pour l’instant. Cette dernière précise néanmoins que son équipe n’a pas d’autre choix que celui de se débrouiller avec les moyens autorisés par la Marie de Paris.

Pas si simple. Pour ne pas semer la zizanie auprès des riverains, les mesures du Vigipirate soulignent que les tournages incluant de la figuration des forces de l’ordre ou de militaires ne seront pas autorisés. Idem pour les utilisations d’armes factices. L’équipe d’un long métrage de fiction centré sur les gardiens de la paix vient de renoncer à sa réalisation. Quant aux séries policières, les scénaristes sont souvent contraints de réécrire des scènes dans l’urgence… Jusqu’à nouvel ordre.

Source : Le Figaro – Julia Beyer

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