Le patron des entrepôts Vachon en deuil

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Emmanuelle
Emmanuelle
 

Dominique Vachon, propriétaire des entrepôts détruits par un incendie jeudi à Gentilly, revient sur la fabuleuse histoire de son entreprise.Après ce désastre, une page se tourne.

«C’est une page qui se tourne violemment, un deuil. J’ai beaucoup pleuré. A tel point que je ne peux plus pleurer aujourd’hui.» Dominique Vachon est un homme KO debout. Hier, dans sa maison de Gentilly, à quelques centaines de mètres de l’entreprise familiale qu’il a vue partir en fumée jeudi, le patron des célèbres entrepôts Vachon revient sur ce désastre.Des 20 000 pièces et accessoires du site historique Vachon, spécialisé dans la location de meubles de prestige pour des décors de cinéma ou de télévision, il ne reste plus rien. Un préjudice estimé par le propriétaire à 4 M€. « C’était une boîte à souvenirs, un musée, une caverne d’Ali Baba exceptionnelle. » Depuis dix ans, l’activité de la société était surtout tournée vers l’événementiel. Les meubles du bureau de Nicolas Sarkozy ou d’Angela Merkel auG20 à Cannes venaient de chez Vachon.

Une entreprise familiale créée en 1951. L’idée, inédite, de louer des meubles au monde du cinéma vient de son grand-père, Emile. Son portrait est l’un des rares rescapés de l’incendie accidentelquiaravagéles3 500m2dusite. Créée en 1951, à Paris, l’entreprise s’installe à Gentilly en 1960. «Le stock des meubles devenait trop important, d’où le déménagement organisé par mon père, qui avait repris la société, explique Dominique Vachon. Avant, les productions de cinéma achetaient ou faisaient fabriquer les décors. Le film terminé, elles ne savaient plus quoi en faire. Nous, nous les récupérions. C’est comme cela que l’aventure a commencé », précise celui qui reprendra le flambeau en 1971.

Un figurant incontournable du cinéma français. « Entre les années 1960 et 1980, il n’y avait pas un film français sans une pièce de chez Vachon. » Le célèbre fauteuil en rotin d’« Emmanuelle » ou le canapé de « Trois Hommes et un couffin », sur lequel se soulage le bébé recueilli par les héros, viennent des entrepôts de Gentilly. Des décors des « Liaisons dangereuses » aussi. Puis l’évolution des techniques du 7e art vient sonner le glas de cette activité. « On tournait de plus en plus dans les décors naturels. Ces derniers temps, seuls 2 % du chiffre d’affaires de Vachon provenaient du cinéma », constate le patron, même s’il avait repéré dernièrement une de ses pièces dans le film à succès « Intouchables ».

Un avenir malgré tout. Les entrepôts Vachon ont été repris en 1992 par le grand groupe GLE vents. Dès ce matin, les salariés de Gentilly seront donc hébergés dans ses locaux de Gonesse (Val-d’Oise) en attendant, probablement, « de trouver une place dans une zone industrielle. Où ? Je ne le sais pas encore », précise Dominique Vachon. Dix-huit salariés travaillaient dans les entrepôts de Gentilly mais tous ne suivront pas. «Après quarante ans à Gentilly, le tapissier ne peut pas imaginer un déménagement. Aujourd’hui, le stock historique, c’est terminé. La reconversion de Vachon, c’est le VIP contemporain. »Autrement dit, l’aménagement d’espaces agréables pour les exposants de salons réputés comme le salon Maison-Objet ou le Midem. Mais avant cela, une épaisse liste de meubles à racheter attend le patron.

Source : Le Parisien

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