Les tournages en plein air nuisent à la planète

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Concept popularisé depuis
1992 par le WWF,
l’« empreinte écologique »
vise à mesurer l’impact des activités
humaines sur le développement
de la planète – dégradation
des écosystèmes, production de
toxiques… Pour la première fois,
la Commission du film d’Ile-de-France, où s’effectue la très grande
majorité des tournages de
l’Hexagone, a commandé une étude
sur « l’empreinte écologique
d’un tournage » cinématographique.

Cette activité se caractérise par
son nomadisme. Chaque film
nécessite un lieu de tournage différent,
situé généralement dans
un cercle de 50 kilomètres autour
de Paris. Les équipes de tournage
font rarement appel à moins de
cinq camions de matériel puisque
tout ou presque doit être transporté
sur chaque décor extérieur.
Or l’escalade technologique a
tendance à provoquer une inflation
des volumes à déplacer, si
bien que certains gros films nécessitent
quelques dizaines de
camions. De façon paradoxale,
les tournages effectués en zone
rurale sont plus écolos : ils génèrent
moins de déplacements, car
tous les personnels restent sur
place.

La consommation électrique,
tout comme l’eau, est aussi un élément
majeur de l’empreinte écologique
d’un tournage. Si l’électricité
du réseau EDF est généralement
plus économique et évite de
faire appel à un camion supplémentaire,
les responsables des
tournages préfèrent souvent un
groupe électrogène, qui offre une
bien plus grande souplesse de
positionnement. La filière aimerait
se passer de ces groupes électrogènes,
non pas pour des raisons
écologiques, mais plus prosaïquement
parce qu’ils ne sont
pas rentables.

Cette étude affirme que « d’un
point de vue environnemental, les
tournages en studio sont bien plus
positifs » que ceux en extérieur.
Elle suggère de ne conserver les
tournages extérieurs que lorsque
les décors naturels ne sont pas
substituables. Comme la tour Eiffel,
le Musée du Louvre, un pont
sur la Seine…

Parmi les progrès qui pourraient
être mis en oeuvre figurent
des incitations au covoiturage
pour aller sur les lieux de tournage
ou encore un renforcement de
la fourniture des branchements
forains et la mise en place de
zones de stockage des véhicules…
Dans un grand geste destiné à
améliorer la planète, la Commission
du film d’Ile-de-France propose
de devenir le chef de file
d’un projet de développement
dans ce secteur.

Source : LE MONDE / Nicole Vulser

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