Elodie m’a dit

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Un fil invisible s’est déroulé depuis mon premier film, Stan the Flasher

C’était aussi le dernier de Serge Gainsbourg. Une agence d’enfants mannequins lui avait montré des photos de moi. J’avais 16 ans. Serge était très paternaliste, mes débuts dans le cinéma furent donc très doux… Cela fait déjà plus de la moitié de ma vie que je suis actrice et tout s’est passé logiquement, sans plan de carrière. J’ai suivi mon intuition et eu cette chance, parmi d’autres, d’enchaîner des films d’auteur quand il était encore possible d’en monter. Aujourd’hui, La Vie rêvée des anges ne pourrait pas exister.

J’étais la «lolycéenne» de Gainsbourg

Au centre du scénario, il y avait donc cette jeune fille face à Claude Berri. Gainsbourg insistait pour que je chante la bande originale de Stan the Flasher et, comme mon lycée se trouvait à deux pas de la rue de Verneuil, je faisais des essais chez lui en sortant de cours. Je lui répétais: «Vous voyez bien que ça ne va pas.» Il me répondait: «On verra.» J’ai lutté contre cette idée d’enregistrer un disque. C’était l’époque de Vanessa, d’Elsa… et je ne voulais pas être une lolita de plus. Finalement, le film est sorti très vite et il a intitulé le générique de la BO: Thème d’Elodie. D’une certaine façon, j’étais déjà antisystème.

On m’a longtemps réduite à une image de rebelle

Et c’était vrai. [Elle rigole.] Mais pas seulement. Mon comportement radical était une protection: je ne voulais pas être vue pour ce que je n’étais pas. Les numéros d’actrice en dehors des plateaux de cinéma ne m’ont jamais intéressée. Il y a encore dix ans, on ne m’aurait pas forcée à sourire pour un producteur. Pour rien au monde. Je me mettais exprès à l’opposé de la pièce. C’était une attitude très adolescente, mais c’est aussi pour cette raison que des films sont venus à moi. Ou pas. En ce moment, vu la nouvelle économie du cinéma, il y a quand même des jeux de séduction à jouer. C’est amusant et déprimant à la fois de voir à quel point les gens aiment bien qu’on leur cire lespompes.

Brice de Nice a été un film clef

Au fond, Brice de Nice reste dans la ligne des choix que j’ai pu faire, celui des films qui réveillent, qui ont des enjeux, des points de vue forts, sauf que là j’évolue dans le registre de la comédie pure. Ce rôle de cow-girl, où j’arbore une chevelure rousse bouclée, des shorts en jean, des bottes, m’a valu des commentaires du style: «Oh, mais Elodie est belle!» Malgré mes grandes oreilles…

Deneuve, Depardieu… Je m’adapte aux monstres sacrés

Gaël Morel parlait déjà de mise en scène au moment où l’on tournait ensemble Les Roseaux sauvages et de l’envie de nous réunir, Catherine Deneuve et moi – c’est quelqu’un de très attaché aux promesses d’adolescent. Après lui nous place dans des rapports mère-fille et un lien s’est créé d’entrée, même si dans l’histoire il est hélas brisé. Catherine et moi ne sommes pas des exubérantes, on avance au même rythme, dans la concentration. Pour Le Pacte du silence, avec Gérard Depardieu, il s’agissait de se mettre à son diapason: on se concentre pendant la prise. Ni avant: c’est le temps des vannes. Ni après: c’est celui du rayonnement.

La maternité n’a pas été une grande révélation

Toutes ces choses dont les parents parlent, l’existence bouleversée, le fait de tout relativiser… Moi, c’est venu naturellement, la vie continue à trois, ça forme un tout. Maintenant, au cinéma, je m’échappe des rôles de post-adolescentes et je joue des mamans, comme dans Après lui ou Je déteste les enfants des autres. C’est concret. J’aime cette nouvelle étape.

Je dois à La Vie rêvée des anges mes rôles dans les séries Alias et The L World

Tout le monde a vu ce film à Los Angeles. A la fin des années 1990, j’aurais pu partir à la conquête de Hollywood. Mais la promotion internationale avait été étourdissante, j’étais fatiguée, ce n’était pas le moment. Dix ans après, on m’a proposé Alias, ce show d’action où j’interprète une espionne française, parce que La Vie rêvée des anges marque encore les esprits… J’ai accepté, car c’était une bonne excuse pour travailler à la façon du vieil Hollywood. L’expérience a été complète, dure, intense, sous pression. Il y avait toujours de nouveaux obstacles à surmonter. Y compris physiques. Heureusement, j’étais bien entraînée, puisque je pratique le kung-fu. C’est cool, bon pour le mental et ça apprend à se défendre.

Je ne lis jamais ce qu’on dit sur moi sur Internet

J’ai horreur des chats qui pullulent, surtout depuis Alias, des sites remplis de photos volées, d’arrêts sur image, d’informations fausses. Internet, je m’en sers pour des recherches, pour les Pages jaunes, pour les e-mails.

Dans la vie, je suis plutôt une contemplative

C’est une manière gracieuse de dire que je suis paresseuse. Je peux rester posée sans rien faire, sans penser, à lézarder sur un transat. Je ne m’ennuie pas, je me connecte aux éléments, je me ressource. C’est sans doute parce que je suis pragmatique et lucide: je crois ce que je vois. Et j’ai toujours su que l’attente près du téléphone faisait partie du package du métier d’acteur.

Notre couple ne s’étalera jamais dans les magazines

Mon compagnon [Thomas Bangalter, du groupe électronique Daft Punk] et moi partageons vraiment les mêmes principes à ce niveau-là: le souci de nos discrétions respectives. La plupart du temps, je trouve vulgaire de s’afficher. Les couples positionnés en tant qu’icônes sont sans doute plaisants à regarder, mais, nous, ça ne nous fait pas fantasmer.

Source : Gilles MEDIONI / L’EXPRESS

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