Le sacre de l’homme

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Après les succès de L’Odyssée de l’espèce et d’Homo sapiens, le troisième épisode de la grande aventure humaine.

Paléontologue (beaucoup), archéologue (un peu), je suis entré dans la vie professionnelle il y a déjà cinquante ans ! Et j’ai exercé cette vie en laboratoire (un peu), sur le terrain (beaucoup) et dans une immersion internationale (tout le temps). Si j’écris cela en introduction à ce dossier, ce n’est pas pour raconter ma vie, ou du moins toute ma vie, mais pour expliquer l’origine (j’adore les origines) de la grande saga des paléofictions dont nous fêtons ici le troisième épisode. Dans ma communauté scientifique, en effet, j’avais vu mon collègue et ami, britannique et kényan, Richard Leakey faire un film sur sa vision de l’histoire de l’Homme (Making of Mankind, 1981) et je l’avais beaucoup aidé. Puis j’avais vu mon autre collègue et ami américain Donald Johanson faire un autre film sur sa vision de la même histoire de l’Homme (Ancestors : In Search of Human Origins, 1994).

Ce fut, là encore, une collaboration fructueuse. J’avais donc en tête depuis longtemps de faire moi-même un autre film sur ma vision forcément bien différente et «forcément meilleure» de la sempiternelle histoire de l’Homme ! Et j’avais, pour ce faire, rédigé une sorte de synopsis d’une petite vingtaine de pages, agrémenté d’idées de plans et de lieux de tournage, synopsis que je gardais sous le coude en attendant le temps de m’en occuper.

Et puis l’occasion a fait le larron : en 1998, j’ai rencontré un certain Hervé Dresen, à la fois passionné par le sujet et capable d’en assurer la production. Sa «prod», comme on dit, en a contacté une autre – l’une s’appelle Transparences, l’autre, 17 Juin Média – et leurs deux «patrons», Charles Gazelle et Christian Gérin, sont allés frapper en 2000 à la porte de France 3. Derrière cette porte, nous attendait une dame qui venait d’être séduite par des images 3D de dinosaures et qui avait, pour la chaîne dont elle dirigeait les documentaires, des idées, des ambitions et les moyens de ses ambitions. C’était vraiment – et elle le demeure – la dame de nos rêves ! La machine se mit donc en marche sous la belle autorité de Patricia Boutinard-Rouelle. Décider de réaliser une oeuvre, c’était bien, mais il fallait bien sûr trouver l’artiste… Le deuxième coup de génie a été de découvrir le bon, disons le meilleur, Jacques Malaterre, sans qui pareil monument n’aurait pu voir le jour. Se sont alors enchaînés : L’Odyssée de l’espèce, l’histoire des 10 derniers millions d’années, en 2003 ; Homo sapiens, l’histoire des 500 derniers milliers d’années, en 2005 ; et enfin Le Sacre de l’Homme, l’histoire des 10 derniers milliers d’années, en 2007.

Une série pionnière

Frédéric et Barthélemy Fougea, qui avaient participé au premier film, ont pris, à partir d’Homo sapiens, le relais de Transparences et 17 Juin avec leur propre société de production, Boréales. Pour ce Sacre de l’Homme, France 2 a pris le relais de France 3 et je me suis adjoint, pour cette dernière production, l’érudition d’un collègue et ami, Jean Guilaine. Patricia Boutinard-Rouelle a continué à faire confiance aux préhistoriques, Jacques Malaterre a continué à les faire revivre, et moi à les regarder, émerveillé. Jacques Malaterre a toujours été fidèle aux conseils que nous avons tenté, chaque fois, de lui apporter : je lui ai raconté ce que pensait savoir la «Science» sur les hommes qu’il allait filmer. J’ai toujours eu l’impression, devant ses images, qu’il revenait d’un reportage chez les gens que je lui avais décrits. Au-delà de ce que nos disciplines croient savoir, en effet, s’étend l’immense règne de l’imaginaire, c’est-à-dire le libre cours, même s’il est raisonné, de la créativité du réalisateur. Et en ce sens, Jacques Malaterre m’a appris sans doute autant que je lui ai conté.

Merci à tous, aux producteurs, au réalisateur, aux opérateurs (image et son), aux acteurs, aux magiciens de la 3D, aux maquilleurs, aux monteurs, aux musiciens, aux écrivains… Merci d’avoir permis aux scientifiques de faire passer leurs messages, même s’il a fallu plein de petites histoires inventées pour faire écouter la grande. Le résultat est fantastique, les retombées inimaginables, grâce aux images d’hommes préhistoriques sur pied, avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs émotions, leurs tristesses, leurs joies, leur humour, etc. Toute la préhistoire s’est rapprochée de millions de gens. C’est un nouveau style que cette série, pionnière, vient véritablement d’ouvrir.

Or, c’est la préhistoire qui nous apprend que l’Homme descend du monde animal, qu’il est cousin des grands singes, qu’il est le produit d’une adaptation à un changement climatique, qu’il est parmi les êtres vivants – ou ayant vécu -, le seul qui soit libre et responsable ; que l’humanité a une seule et unique origine, tropicale et africaine, qu’elle a 3 millions d’années, qu’elle a déjà compté, en 200 000 générations, 100 milliards d’individus déployés sur l’Afrique d’abord, l’Eurasie depuis 2 millions d’années et le reste du monde depuis 100 000 ans au moins. Autant de données qui ne sont pas sans importance pour la compréhension de notre monde d’aujourd’hui et de celui que nous sommes en train de construire.

Un mot enfin sur le troisième épisode, Le Sacre de l’Homme. Il raconte cet immense virage que prend l’humanité, il y a dix millénaires, lorsqu’elle utilise un changement climatique pour inventer la sédentarité, les villages, l’agriculture, l’élevage, le stockage de l’alimentation ; lorsqu’elle découvre les métaux et leur usage, invente les alliages, construit des systèmes sociaux puissants et créatifs, mais du même coup compétitifs, développe le négoce, crée la monnaie pour le faciliter, imagine l’écriture dont les rupestres avaient ouvert la voie.

C’est l’histoire d’une extraordinaire période – la révolution du néolithique – où s’épanouit le génie de l’Homme qui, invention après invention, fait entrer l’humanité, ses mentalités, ses comportements, son économie, dans un monde qui est encore le nôtre.

Diffusion sur FRANCE 2 le mardi 10 avril 2007 à 20 h 50.

Source : L’Express / 6 avril 2007

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Nouveau documentaire événement sur France 2

Après l’Odyssée de l’espèce et Homo sapiens, France Télévision va diffuser un nouveau documentaire « Le Sacre de l’Homme ».

Ce documentaire est le dernier volet de la trilogie qui traite de l’évolution de l’Homme jusqu’à nos jours.

Il retrace la période qui s’étale des débuts de la sédentarisation à la naissance des civilisations soit de 10 000 à 2 300 avant JC.

La Tunisie à l’honneur

Tourné principalement Tunisie avec des comédiens tunisiens. Les principaux lieux de tournage sont le village de Zraoua à Matmata, le Ribat de Monastir, les grottes de l’Ichkeul, la localité de Adissa à Hammam Bourguiba. A noter une partie des lieux (dans les troglodytes de Matmata) avait déjà été choisie pour le tournage de Star War de Georges Lucas.

Le producteur a fait appel à une soixantaine d’acteurs tunisiens et s’appuie sur un staff technique entièrement tunisien.

Le documentaire

L’histoire, les débuts du néolithique

Il y a 12 000 ans, l’Homme prend un tournant décisif. Il sort de la préhistoire et pose les fondations des premières civilisations. Il se sédentarise et invente l’agriculture, l’élevage, le commerce, la roue, l’alliage des métaux, les religions, l’écriture, l’architecture… Sur son chemin, de nombreuses épreuves l’attendent : la propriété privée engendre les premières guerres, le bétail provoque des épidémies ravageuses, la surpopulation, des famines… Mais il continue inlassablement à bâtir la société qui est aujourd’hui la nôtre.

Les formats de diffusion

Le Sacre de l’homme qui prendra la forme d’un téléfilm de 90 minutes, puis d’un documentaire en deux épisodes de 52 minutes chacun comportant outre les actes du film des interviews-sondage auprès d’experts et de scientifiques internationaux sur les aspects historique, artistique et technique de l’œuvre, sera diffusé, a priori, à partir du mois d’avril prochain sur France 2, puis sur d’autres chaînes françaises, canadiennes, belges, suisses, allemandes, italiennes, américaines, japonaises, grecques et autres.

Interview du réalisateur

« Le néolithique, fin de la préhistoire et début des grandes civilisations, c’est une période qui a souvent été oubliée de l’histoire. On parle de Rome, de la Grèce ou de l’Égypte et puis on oublie ce moment où finalement l’homme va poser les bases de la société. Il va commencer à inventer la chefferie, un système social, un système économique. Il va avant découvrir l’agriculture et l’élevage, parce ce qui est très bizarre dans son histoire, c’est qu’un jour la Planète se réchauffe. On est encore d’actualité. En se réchauffant, il y a un climat beaucoup plus accueillant et il décide de poser ses bagages et de ne plus bouger parce qu’il a suffisamment. Il est chasseur-cueilleur. Il a suffisamment de graines, sûrement des animaux à portée de main et, petit à petit en observant cette nature, il va devenir la nature lui-même parce qu’il va apprendre à faire pousser les plantes, à faire grandir les animaux. A partir de ce moment-là, il commence à se prendre pour Dieu aussi. »
(extrait de l’interview accordée par Jacques Malaterre au site AgoraVox)

Quatre parties au documentaire

– les débuts du Néolithique (-12 000 à – 10 000). Les hominidés « s’installent » et créent des villages. C’est le début de la sédentarisation.

– dévellopement des premières formes d’agriculture (-8 000 à – 6 000). De la récolte des plantes poussant naturellement à l’agriculture volontaire : définition d’un périmêtre pour semer, irrigation…

– prémisses d’organisation sociale (- 4 000 à – 3 000). Les villages vont se doter d’un chef de tribu (chefferie) pour régler les conflits. L’élevage et la domestication des animaux se généralise.

– premières cités (-2 500 à -2 300) et premiers conflits… Développement de l’écriture et de la comptabilité.

Source : www.hominides.com

Générique

Producteur délégué : Boréales (Barthélémy et Frédéric Fougea

Co-producteurs : Rainbow Angels / France 2 / France 5 / Productions Pixcom

Réalisation : Jacques Malaterre

Scénario : Jacques Malaterre / Michel Fessler / Frédéric Fougea

Commentaire dit par Thierry Frémont

Direction scientifique : Yves Coppens et Jean Guilaine

Making of : Patrick Glaize

200 comédiens

Budget : 4,6 M €

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