Les aides au cinéma ont dynamisé l’emploi

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Une politique volontaristede soutien au cinéma se traduit
par des créations
d’emplois. C’est l’une des conclusions
de la seconde étude de l’Observatoire
de la production audiovisuelle
et cinématographique en
Ile-de-France, rendue publique,
mardi 3 avril, et réalisée par la
commission du film d’Ile-de-
France et par Audiens, gestionnaire
des retraites complémentaires
des métiers du spectacle, qui dispose
des seules statistiques sur
les entreprises cotisantes et les
salariés de ces secteurs.

En 2006, le nombre d’entreprises
a augmenté mais moins rapidement
qu’entre 2001 et 2005
(+ 20 %). L’étude recense
3 902 entreprises en Ile-de-France
et 1 523 dans les autres régions
(soit 158 de plus qu’en 2005 au
total). Générant davantage d’activité,
elles ont employé, en 2005,
110 000 personnes en Ile-de-
France (+ 9 % par rapport à
2004), sur un total de 130 000
professionnels. Après une chute
des effectifs entre 2001 et 2003,
« le redressement opéré en 2004 se
confirme en 2005 », note le rapport.

Dans le même temps, la masse
salariale augmente dans des proportions
moindres (+ 7,4 % en
2005). Les périodes d’emploi
sont donc plus courtes ou les
niveaux de salaires moins élevés.
Une tendance qui explique aussi
la troisième vague de grève des
techniciens depuis l’automne
2006, à l’occasion de la négociation
de la convention collective
du cinéma.

Selon cette étude, « l’effet
cumulé du fonds de soutien de la
région Ile-de-France (14 millions
d’euros en 2005) et du crédit d’impôt
[national] pour le cinéma et
l’audiovisuel – estimé à 80 millions
d’euros – sont déterminants ». Ces
soutiens publics ont permis d’augmenter
les tournages de films
internationaux en Ile-de-France,
qui ont apporté 50 millions
d’euros à l’économie locale en
2005.

« Politique fiscale attractive »

Selon Olivier-René Veillon,
directeur général de la commission
du film d’Ile-de-France, « la
Grande-Bretagne et, récemment,
l’Allemagne ont adopté des mesures
de crédit d’impôts qui permettent
aux producteurs de bénéficier de
20 % d’abattements sur toutes les
dépenses réalisées sur leur territoire.
Cela permet à Londres de bénéficier
d’une dizaine de longs métrages
produits par des studios américains
chaque année. Ceux-ci représentent
40 %de l’activité du secteur ».

Longtemps, malgré leurs tarifs
élevés, la réputation des équipes
techniques françaises a permis de
lutter contre les coûts très bas pratiqués
en Europe centrale. En
Europe, seul le Grand Londres
propose aujourd’hui un niveau de
technicité comparable à celui de
la région parisienne. « La difficulté,
avec la nouvelle offensive allemande,
sera, estime M. Veillon, de
ne pas faire décrocher l’industrie
française au niveau européen. »

« La mise en place d’une politique
fiscale attractive de ce type relève
du gouvernement », précise
Jean-Paul Huchon, président du
conseil régional de l’Ile-de-France.
En attendant de savoir ce que
fera le prochain gouvernement,
cette question devrait, selon lui,
être abordée au Festival de Cannes,
au mois de mai.

Source : Nicole Vulser / LE MONDE

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