THOMAS LANGMANN

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THOMAS LANGMANN
THOMAS LANGMANN
 

Mini-bio :

Thomas Langmann a toujours baigné dans le milieu artistique. Il est le fils du producteur Claude Berri et son épouse, la soeur des producteurs Paul Rassam (producteur de Marie-Antoinette de Sofia Coppola) et Jean-Pierre Rassam (décédé en 1985, producteur de Tess, de La Grande Bouffe, de Nous ne vieillirons pas ensemble, de Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil,…) et le beau-frère de l’actrice Carole Bouquet. Il est le frère de Julien Rassam décédé en 2002.

Il produit ses films au sein de la société de production La Petite Reine. Il a comme projet, entre autres, de faire un remake du Corniaud : le casting pressenti, Benoît Poelvoorde et Jamel Debbouze qui reprendront les rôles de Louis de Funès et de Bourvil.

Interview (extraits) :

“Blueberry”, la genèse d’un western chamanique

A propos du film “Blueberry”, production de Thomas Langmann avec Vincent Cassel dans le rôle titre s’avère un western “chamanique, entre La ligne rouge et Le voyage de Chihiro”. Explication de texte autour d’une expérience menée jusqu’au bout par un auteur habité.

Comment Jan Kounen vous a-t-il proposé Blueberry, l’expérience secrète ?

Thomas Langmann : J’ai connu Jan à l’époque de son court métrage, Vibroboy. J’ai tout de suite compris que j’avais rencontré un vrai réalisateur. Je travaillais à l’époque sur la collection Court toujours. J’ai vu une centaine de courts métrages, mais il y en a deux qui m’avaient vraiment bluffé : Carne de Gaspar Noé et Vibroboy. Dobermann était déjà en préparation à l’époque et je me rappelle m’être dit : “Mince, ce n’est pas moi qui vais travailler avec lui sur son premier long métrage!”… Je me souviens de mon père me disant : “Si dans ta série, tu trouves ne serait-ce qu’un seul réalisateur valable, ne le lâche pas !” C’est ce que j’ai fait : dès ce moment, je lui ai fait la cour ! Nous avons hésité entre deux projets : Fantômas et Blueberry. L’aventure était née…

Connaissant la personnalité de Jan Kounen et l’expérience Dobermann, vous n’aviez pas quand même un peu peur ?

T. L. : De quoi avoir peur ? J’avais tout à gagner au contraire, et rien à perdre ! J’allais produire mon premier long métrage avec un réalisateur que j’admirais, qui était à ce moment au centre de toutes les discussions avec Dobermann. Je voulais tout simplement vivre une aventure de cinéma avec lui. Avec Blueberry, j’ai vécu mon Tess à moi.
Jan avait changé au retour de son voyage initiatique en Amérique du Sud et cela a eu des incidences sur le scénario. Blueberry a pris une orientation nouvelle. La bande dessinée est devenue un récipient dans lequel Kounen allait introduire de nouveaux horizons.

Tout de même, quand on projette de produire une adaptation de bande dessinée et que l’on fait finalement un western chamanique, cela doit changer beaucoup de choses pour un jeune producteur sur un film au budget de 36 M€…

T. L. : J’ai tellement parlé de ce film, j’ai tellement promis à Jan – et à moi-même – qu’il existerait, que je ne pouvais plus m’arrêter. Je me souviens de Jan lorsqu’il est rentré du Mexique, assis en tailleur, pieds nus, m’expliquant qu’il n’était plus intéressé par le cinéma, par cette quête d’argent, de succès et d’ambition ! Nous avions déjà engagé une dizaine de millions de francs sur le film ! Puis Jan a repris du désir, il souhaitait à nouveau être réalisateur, faire du cinéma. Ces expériences ont finalement enrichi son univers. Cela lui a permis d’offrir une vraie originalité à son film. Le western est devenu un outil pour Jan, qui cherchait un sens à son travail et à sa vie. Son propre voyage initiatique est devenu le voyage de son héros de cinéma. Enfin, tout était en train de s’unir. Si le film est si fort, c’est parce que son auteur s’est servi de toute son âme. Toutes les questions, les réponses que Jan a trouvées au bout de son voyage se sont immiscées dans le sujet et dans Blueberry.

Comment définiriez-vous le film aujourd’hui ?

T. L. : Cela prouve que Vincent fait partie des acteurs qui osent. Il a travaillé souvent avec de jeunes réalisateurs, en embrassant leur univers. Dès lors qu’il est en confiance, il ne se pose plus de questions. J’ai tenté de faire la même chose. Le projet s’est étalé sur tellement d’années, il s’est passé tellement de choses que je n’ai jamais réellement douté. De plus, j’ai commencé à prendre confiance en moi, notamment en produisant Le boulet entre-temps. J’ai prouvé que je pouvais livrer un film en temps et en heure, et qui plus est, un succès. Mais je n’aurais pas pu faire ce film sans l’apport d’Ariel Zeitoun, ni l’engagement d’UGC à travers Brigitte Maccioni qui s’est passionnée pour le projet. C’est elle qui, de nous tous, soutenait le plus Jan dans sa volonté de faire un western mystique et chamanique.

Vincent Cassel n’a pas rejoint le casting dès le début de l’aventure…

T. L. : Nous n’avons pas immédiatement pensé à Vincent parce que nous avions à l’époque le cliché du film américain ancré à l’esprit… Vu l’ampleur que prenait le projet, nous avions également la crainte de devoir trouver immédiatement des partenaires américains. On a donc évoqué plusieurs comédiens possibles pour jouer Blueberry : Jim Cazeviel, Willem Dafoe, Benicio Del Toro ou Val Kilmer… Le déclic est venu d’un article d’un journal américain qui annonçait que Vincent allait tourner dans un film hollywoodien à gros budget… Je me suis dit alors : “Quel snobisme ! Nous sommes en train de chercher un second couteau américain alors que nous avions une star en France !” Tout d’un coup, c’est devenu une évidence. Vincent a dit oui relativement vite…

Comment s’est passé le tournage ?

T. L. : Mais Jan est aussi un réalisateur qui valorise une production. Quand je lui proposais 150 figurants indiens pour une scène de bataille, il n’en voulait que 20, me promettant que ce serait aussi spectaculaire. C’est un virtuose de la caméra !
C’est la postproduction qui a été la plus longue et la plus compliquée.

Y a-t-il beaucoup de rushes qui n’ont pas été montés ?

T. L. : Le travail a porté davantage à resserrer les scènes afin d’aider à la narration.

Qui a eu l’idée de faire de Blueberry un personnage cajun ?

T. L. : Vincent a cela de perfectionniste qu’il tenait absolument à ce que ce jeune acteur ait le nez cassé comme lui. Comme cela n’avait pas été fait correctement sur le tournage, nous avons “cassé” son nez en postproduction !

Le film sort en plein regain du western sur les écrans (Open Range, Alamo, etc.). Qu’en pensez-vous ?

T. L. : Ce n’est pas si gênant que cela car ces films semblent très différents de Blueberry. Ce qui est beaucoup plus difficile en revanche, c’est que le film sorte face à un autre film français très attendu, Podium… Je trouve dommage que Blueberry ne soit pas seul en lice la semaine de sa sortie. Cependant, les responsables d’UGC pensent qu’il y a de la place pour tout le monde et que les deux films sont très différents. Je l’espère…

Selon vous, à qui s’adresse Blueberry ?

T. L. : Aux fans de Matrix, du Seigneur des anneaux, de Little Big Man et de Terry Gilliam réunis : bref, au plus grand nombre possible !

Que pensez-vous de la vague actuelle de jeunes acteurs et réalisateurs français qui partent justement travailler à Hollywood ?

T. L. : Vincent a désormais une notoriété mondiale qui fait de lui une star qui peut aider à monter des films internationaux. Il est le seul aujourd’hui dans sa génération qui puisse porter des projets comme Blueberry ou Mesrine…

À propos de Mesrine, justement, où en êtes vous ?

T. L. : Barbet Schroeder connaissait le projet, il avait lu L’instinct de mort et avait envie de tourner avec Vincent. J’ai lu le livre pour la première fois à l’âge de 14 ans et longtemps, je me suis demandé qui pourrait jouer Jacques Mesrine. Depardieu était trop vieux, Dewaere était mort… J’ai eu le déclic en voyant Sur mes lèvres.
J’ai eu le même choc qu’en découvrant Série noire. J’ai même appris ensuite que tu t’étais fait dans le film le nez de Depardieu et la moustache de Dewaere…

Le personnage de Mesrine et son environnement restent, encore aujourd’hui, des sujets sensibles …

T. L. : Vincent est un acteur parfait pour un producteur puisque rien ne lui fait peur.

Quels sont vos projets communs et respectifs ?

T. L. : En attendant Vincent (Cassel) pour Mesrine, je vais produire Nounours d’Eric Besnard avec Albert Dupontel. Il y également Fantômas qui est toujours en écriture. Je projette également d’adapter l’histoire de Christophe Rocancourt qui sera réalisé par le scénariste de À l’ombre de la haine…

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Propos recueillis par Sophie Dacbert et Fabrice Leclerc

Source : Le Film Français du 6 février 2004

Filmographie :

Producteur

L’Ennemi public n°1 (Prochainement), de Jean-Francois Richet

L’Instinct de mort (Prochainement), de Jean-Francois Richet

Astérix aux Jeux Olympiques (2008), de Thomas Langmann

Double zéro (2004), de Gérard Pirès

Le Boulet (2002), de Alain Berberian

Producteur délégué

Blueberry (2004), de Jan Kounen

Coproducteur

Nos jours heureux (2006), de Eric Toledano

Producteur associé

Indigènes (2006), de Rachid Bouchareb

Astérix et Obélix : mission Cléopâtre (2002), de Alain Chabat

Astérix et Obélix contre César (1999), de Claude Zidi

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