JEAN-FRANCOIS LEPETIT

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JEAN-FRANCOIS LEPETIT
JEAN-FRANCOIS LEPETIT
 

Mini-bio :

Jean-François Lepetit est né le 12 Septembre 1953 à Bordeaux.

Après des études secondaires (Bac Littéraire), il fait un IUT carrière sociale et des études de sociologie à l’Université de Bordeaux III.

A 15 ans, il avait déjà fondé un ciné-club à Bordeaux. Il deviendra plus tard responsable de la cinémathèque régionale de la Ligue de l’Enseignement. Dans ce cadre, il organise plusieurs manifestations de promotion et de valorisation du cinéma en Aquitaine, dont la première université d’été de la communication avec le Crepac d’Aquitaine.

En 1982, il monte à Paris pour travailler dans la distribution, d’abord aux Films Molière puis à la Twentieth Century Fox. L’année suivante, il crée sa propre maison de distribution, Flach Film, qui se tournera très rapidement vers la production. Il démarre ainsi avec le réalisateur Jacques Doillon en produisant La vie de famille (1985) et prend ensuite le pari de produire Trois hommes et un couffin de Coline Serreau à la lecture d’un synopsis de trois pages. Sa carrière de producteur est lancée…

On le verra même en tant qu’executive producer pour le compte de Disney sur Three men and a baby (1987) de Leonard Nimoy, remake du film de Coline Serreau, et sa suite Three men and a little lady (1990) d’Emile Ardolino ainsi que sur Paradise (1991) de Mary Agnes Donoghue, remake du Grand chemin de Jean-Loup Hubert.

Sa société de production occupe une place originale dans la production de cinéma et de télévision et a su conserver une dimension artisanale garante de qualité et d’indépendance.

Mû par un désir et une passion toujours renouvelés, soucieux d’une implication personnelle dans chaque film, du texte à l’image, elle s’ouvre aux nouveaux talents tout en s’attachant à la collaboration de noms prestigieux en France et à l’étranger.

Interview :

Droits d’auteur : « Le film
indépendant est menacé au
premier chef »

Propos recueillis par David STRAUS

Jean-François Lepetit, producteur et
president de la Chambre Syndicale des
Producteurs de Films, estime que trois
quarts de la production française
seraient détruits par la licence globale,
faute de préfinancement. Il considère la
« riposte graduée » comme « une forme de
dépénalisation » pour le téléchargeur
occasionnel.

tf1.fr : Comment expliquez-vous le
vote des députés, le 21 décembre
dernier, ouvrant la voie à la licence
globale, c’est-à-dire d’un système où
l’internaute paye mensuellement un
forfait pour télécharger librement
musique et films ?

J.-F. L : Nous avons été surpris de voir
comment ont prospéré les arguments les
plus démagogiques et ignorants des
réalités des industries culturelles, y
compris parmi des parlementaires qui
estiment, manifestement à tort, maîtriser
le sujet. Il y a manifestement une vraie
méconnaissance des enjeux et des
modes de financement de la création en France, et nous allons mettre à profit
l’interruption des débats pour faire de la pédagogie, et expliquer concrètement
aux parlementaires et responsables politiques comment ils vont tuer la création en
maintenant un dispositif de licence globale. Nous espérons qu’ils sauront écouter
et comprendre ces arguments.

tf1.fr : Pouvez-vous nous rappeler le fonctionnement de la production
cinématographique en France ?

J.-F. L. : La production repose sur le préfinancement des oeuvres, que les
professionnels et les pouvoirs publics ont organisé notamment grâce à un cycle
d’exploitations successives, défini média par média et organisé dans le temps, qui
permet à chacun d’en espérer une rentabilité pendant sa période d’exclusivité.
C’est ce qu’on appelle la chronologie des médias. Le producteur indépendant
prévend le film sur scénario, chaque support d’exploitation investissant par
anticipation sur ses recettes d’exploitation futures. Les sommes ainsi récoltées
permettent le financement du film, et garantissent en grande part la prise en
charge du coût de production par le producteur.

tf1.fr : Prenons l’hypothèse d’une adoption définitive de la licence globale.
L’industrie du cinéma française peut-elle y faire face ?

J.-F. L. : La création indépendante qui représente plus des trois quarts de l’offre
cinématographique française, serait touchée au premier chef par ce mécanisme
destructeur, car elle n’a pas, à la différence des « majors », les moyens
économiques d’attendre l’éventuel retour sur investissement, même minime,
proposé par la licence globale. Les producteurs indépendants doivent en effet
compléter leur apport en fonds propres par des financements de nombreux
partenaires.

tf1.fr : Proposez-vous l’interdiction totale du peer-to-peer ? Est-ce que la
mise à disposition de biens culturels sur Internet doit se limiter à la vidéo à
la demande (VoD) et aux magasins de téléchargement en ligne de type
« iTunes » ?

J.-F. L. : Le formidable outil de diffusion des oeuvres culturelles que constitue
Internet ne sera une opportunité pour la création indépendante et le
consommateur que s’il passe par le développement d’une véritable offre légale
sur Internet. Les professionnels du cinéma ont d’ailleurs récemment signé avec
les fournisseurs d’accès à Internet et les chaines TV un accord sur le « cinéma en
ligne ». La diffusion numérique des oeuvres pourrait très bien reposer sur la
« superdistribution » que permet le P2P, mais dans un cadre exclusivement légal,
permettant l’indispensable rémunération de ceux qui ont contribué à la création de
ces oeuvres, et en vivent. L’utilisation de logiciels P2P pour distribuer les offres
légales permettrait notamment d’abaisser de façon importante les coûts de bande
passante des opérateurs de VOD, et donc de baisser le prix final au
consommateur.

tf1.fr : Défendez-vous le système de riposte graduée ? Considérez-vous
qu’une peine de prison est crédible ?

J.-F. L. : Le développement des offres légales de cinéma en ligne passe
parallèlement, et de façon indispensable, par une lutte vraiment efficace contre la
piraterie de masse, en créant un nouveau cadre législatif dans une approche
délibérément pédagogique et mesurée. Contrairement à ce qui a pu être dit sur le
sujet, l’approche graduée est précisément une alternative proportionnelle et
progressive aux dispositions pénales existantes en matière de contrefaçon, qui
intègre une dimension pédagogique préalalable. On peut la considérer comme
une forme de dépénalisation pour le « simple » téléchargeur, mais elle a vocation à
être appliquée à tous, et donc à enrayer le phénomène du piratage, destructeur
pour la création.

tf1.fr : Les internautes font souvent un parallèle entre la licence légale et les
cartes d’abonnement de cinéma (UGC ou MK2-Gaumont). Est-ce
transposable ?

J.-F.L. : Ce n’est pas du tout la même chose ! Les cartes illimitées correspondent
à un choix commercial des certains opérateurs privés, qui n’a rien à voir avec une
sorte de collectivisation de la culture que propose la licence légale. D’ailleurs, les
auteurs, artistes et producteurs des films perçoivent quand même une
rémunération proportionnelle aux entrées effectuées grâce à une carte
d’abonnement (l’équivalent d’une entrée à 5 €). C’est ensuite à l’émetteur de la
carte de déterminer son équilibre économique, entre les gros consommateurs de
films, et ceux qui n’y vont qu’une ou deux fois par mois. Si Itunes veut faire un
forfait pour ses clients, il le peut. D’ailleurs l’accord sur le « Cinéma à la demande »
récemment signé entre les professionnels du Cinéma, les FAI et les chaînes de
télévision prévoit les conditions de telles offres par abonnement.

(1) producteur et president de la Chambre Syndicale des Producteurs de Films.

Source : TF1 le 10 janvier 2006

Filmographie :

Producteur

La Capture (Prochainement), de Carole Laure

Single again (Prochainement), de Joyce Sherman Buñuel

Le Mas des alouettes (2007), de Paolo Taviani

Une vieille maîtresse (2007), de Catherine Breillat

L’Oncle de Russie (TV) (2006), de Francis Girod

La Vie est à nous ! (2005), de Gérard Krawczyk

Anatomie de l’enfer (2004), de Catherine Breillat

Sex is comedy (2002), de Catherine Breillat

Confession d’un dragueur (2001), de Alain Soral

A ma soeur ! (2001), de Catherine Breillat

La Faute à Voltaire (2001), de Abdellatif Kechiche

Romance (1999), de Catherine Breillat

Marthe (1997), de Jean-Loup Hubert

TGV (1997), de Moussa Toure

Pasolini, mort d’un poète (1996), de Marco Tullio Giordana

Les Caprices d’un fleuve (1996), de Bernard Giraudeau

Confidences à un inconnu (1996), de Georges Bardawil

Killer kid (1994), de Gilles de Maistre

Elles ne pensent qu’à ça ! (1994), de Charlotte Dubreuil

Le Brasier (1991), de Eric Barbier

L’Eté en pente douce (1987), de Gérard Krawczyk

Sale destin ! (1987), de Sylvain Madigan

La Femme secrète (1986), de Sebastien Grall

Trois hommes et un couffin (1985), de Coline Serreau

La Vie de famille (1985), de Jacques Doillon

Producteur exécutif

Chambre à part (1989), de Jacky Cukier

Trois hommes et un bébé (1987), de Leonard Nimoy

Coproducteur

Jane Eyre (1996), de Franco Zeffirelli

directeur de production producteur cinema television productrice tournage plateau comedien

C O MMU N I Q U E D E P R E S S E

ONZE ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES
SOUTIENNENT L’ACTION DE FLACH FILM CONTRE GOOGLE

L’ Association des Producteurs de Films (API)

La Chambre Syndicale des Producteurs de Films (CSPF)

Les Distributeurs Indépendants Réunis Européens (DIRE)

La Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF )

La Fédération Nationale des Distributeurs de Films (FNDF)

Le Syndicat de l’Édition Vidéo (SEV)

Le Syndicat des Producteurs Indépendants (SPI)

La Société des Réalisateurs de Films (SRF)

L’Union de l’Édition Vidéographique Indépendante (UNEVI)

L’Union des Producteurs de Films (UPF)

L’Union Syndicale de la Production Audiovisuelle (USPA)

déclarent leur total soutien à l’action en justice menée par Flach Film contre Google
France dont l’activité d’hébergeur révèle en réalité une pratique d’éditeur. En mettant en
avant certains programmes, en laissant diffuser une oeuvre dans son intégralité sans
aucune autorisation des ayants droit alors qu’il dispose des moyens techniques
d’empêcher cette pratique, Google doit assumer un comportement qui engage sa
responsabilité au regard du droit de la contrefaçon. De plus, ce type de diffusion
pénalise toutes les autres formes d’exploitation contractuellement autorisées. Il est
temps que cesse ce type d’abus qui met gravement en péril toute la filière
professionnelle qui va de la création à la diffusion audiovisuelle et cinématographique.

Fait à Paris, le 30 novembre 2006

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