JACQUES PERRIN

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JACQUES PERRIN
JACQUES PERRIN
 

Biographie :

Jacques Perrin, de son vrai nom Jacques simonet, est né le 17 juillet 1941 à Paris. Il est le fils d’un régisseur à la Comédie-Française et d’une comédienne.

Baignant dans le monde du théâtre depuis sa prime jeunesse, Jacques Perrin entre au Conservatoire d’art dramatique dans la classe de Jean Yonnel. Il débute au théâtre dans L’Année du bac mis en scène par Yves Boisset avant d’apparaître furtivement dans plusieurs films.

C’est le réalisateur italien Valerio Zurlini qui, le premier, utilise le visage de jeune adolescent romantique de Jacques Perrin dans des mélodrames : La fille à la valise (1960) puis Journal intime (1962). En 1964, Jacques Perrin joue de nouveau de son apparente juvénilité dans La 317e Section de Pierre Schoendoerffer, un film qui le mène dans la brousse cambodgienne. La même année, il tourne sous la direction de Costa-Gavras Compartiments tueurs avant d’être mis en scène par Claude Chabrol dans La ligne de démarcation (1966). Jacques Demy l’utilise ensuite en militaire romantique dans la comédie musicale Les demoiselles de Rochefort (id.) et plus tard dans Peau d’âne (1970). Ses débuts de carrière sont récompensés à Venise en 1965 où il reçoit le prix d’interprétation pour Un homme à moitié de Vittorio De Seta. Jacques Perrin sait se montrer un brillant homme d’affaires : à peine âgé d’une trentaine d’années, il fonde en 1966 sa maison de production, « Reggane », et fait ses preuves en finançant la mise en scène de Z (1968) de Costa-Gavras, un des premiers films politiques. Le succès de ce film lui permet de produire d’autres réalisations, et notamment celles de Costa-Gavras (Etat de siège, 1972 et Section spéciale, 1974) dans lequel il joue également. En 1977, Pierre Schoendoerffer fait de nouveau appel à lui pour Le Crabe-Tambour, un rôle atypique qui le sort des personnages romantiques qu’il a l’habitude d’interpréter. Les deux hommes collaborent ensuite avec L’honneur d’un capitaine (1982). Homme de cinéma accompli et curieux, Jacques Perrin mène de front ses deux carrières, produisant et interprétant par exemple le film de Christian de Chalonge, Les Quarantièmes Rugissants (1981), évocation de la course des navigateurs autour du monde. Au cours des années 1980, il apparaît dans plusieurs films (Cinéma Paradiso, 1988, de Guiseppe Tornatore ; Vanille-fraise, 1989, de Gérard Oury) et produit des oeuvres à risques (Le peuple singe, 1984, de Gérard Vienne ; Microcosmos, 1995, célèbre voyage à travers la vie des insectes signé Claude Nuridsany et Marie Pérennou, pour lequel il reçoit en 1997 le césar du meilleur producteur).

Egalement acteur et producteur pour la télévision, Jacques Perrin joue dans Médecins des hommes, dans Le Biafra et dans Mer de Chine, dont il est aussi le réalisateur. Parmi ses autres participations, on note Manon Roland (1989) d’Edouard Molinaro, Le Château des oliviers (1992) de Nicolas Gessner ou Groupe nuit (1995) de Patrick Jarmain. En 1995, il produit et assure le commentaire du film dédié au septième art, Les Enfants de Lumière.

Entrevue :

Acteur, réalisateur et producteur, l’homme aux multiples
casquettes s’épanche sur son prochain film, entre fiction
et documentaire. Après Le Peuple des singes, Microcosmos,
Le Peuple migrateur, Jacques Perrin s’attaque aux océans,
source de vie et d’équilibre pour notre planète. Ce film
nourri d’images spatiales plonge au coeur d’abysses
inconnus, révélant l’originalité du monde aquatique.
Simultanément message d’espoir et cri d’urgence !

Vous avez beaucoup travaillé dans le domaine de la fiction et vous
consacrez maintenant une grande partie de votre temps à des projets
de films documentaires. Y a-t-il une différence d’approche ?

Pas vraiment ! Un film, c’est avant tout une rencontre avec le
public. Si celui-ci décide d’entrer dans une salle de cinéma, c’est
qu’il attend d’être surpris, ému, voire bouleversé. De ce point
de vue, les fictions et le cinéma du réel doivent répondre à la
même exigence de qualité. La différence tient à ce que les
décors sont ceux de la nature, et les acteurs la faune et la flore
qui s’y épanouit. Là où les comédiens s’adaptent aux contraintes
d’un tournage, ici c’est à nous d’adapter le matériel, les caméras
pour aller à la rencontre du monde sauvage. Aucune prise ne
ressemble à la précédente. Il faut savoir observer, improviser,
rebondir face aux aléas, ce qui ne dispense pas
d’un solide travail d’écriture. Nous passons de
nombreux mois à peaufiner la trame de l’histoire
parallèlement aux indispensables repérages
sur sites.

Après les primates, les insectes, les oiseaux, sur
quel grand projet travaillez-vous aujourd’hui ?

Ce ne sera pas une espèce en particulier mais le plus grand écosystème
de la planète, les océans. Océans sera un film innovant
tant dans sa réalisation technique que dans sa narration,
puisqu’il empruntera autant à la fiction qu’au genre documentaire.
La vie est née dans les océans et l’on mesure aujourd’hui
leur rôle capital dans l’équilibre climatique et biologique de la
Terre. C’est ce que je veux montrer dans ce film.

Est-ce que l’espace peut jouer un rôle dans l’étude des océans ?

C’est grâce à l’espace qu’on a d’abord compris que la planète
était petite, qu’elle était unique et fragile. De plus, les satellites
nous ont révélé les relations des océans avec l’atmosphère et
leur rôle primordial dans la régulation du climat. C’est pour ça
que le spatial tiendra une place importante dans ce film, non
seulement pour apporter des images inédites des océans, dans
leur globalité, qui viendront enrichir les images plus naturelles,
plus poétiques que nous allons tourner à la surface et sous l’eau,
mais aussi parce que l’on suit aujourd’hui les migrations des
animaux marins grâce aux balises Argos.

Quels rapports entretenez-vous avec les scientifiques ?

Ils arrivent très tôt dans mes projets. Les scientifiques ne sont
pas seulement là pour apporter une caution mais aussi pour
nourrir l’histoire que j’écris avec mes coscénaristes. Ils sont
toute l’année sur le terrain. Qui mieux qu’eux peut donner un
sens à leurs domaines de recherche ? Astrophysiciens, biologistes,
océanographes… sont tous des gens extraordinaires, riches
d’histoires vécues et d’anecdotes dont je vais m’inspirer pour
certains personnages du film. Ainsi un jour, revenant des États-
Unis, je voyageais en avion à côté d’un homme qui travaillait
sur son ordinateur portable. J’ai tout de suite reconnu des images
spatiales océaniques de type Jason. Nous avons discuté un
bon moment, c’était quelqu’un du CNES qui revenait d’une
conférence avec ses homologues américains !

Désirez-vous transmettre un message aux spectateurs ?

Mon métier, c’est avant tout de faire du cinéma, de donner à
voir et à entendre, bien plus que d’expliquer des images sur un
commentaire, ce qui est le rôle des documentaires télé. Le
cinéma doit rester une expérience sensitive. Qu’est-ce qui bâtit
le souvenir ? C’est quand même une émotion ! Alors, oui, en
partageant cette sensation avec les spectateurs, je peux sans
doute transmettre un message. Celui du nécessaire respect
envers la nature. C’est un message d’espoir en même temps
qu’un cri d’urgence.

Propos recueillis par Philippe Collot / Avril 2006

Filmographie :

en tant que : Producteur

1968 Z Costa-Gavras

1970 guerre d’Algérie (La) Yves Courriere, Philippe Monnier

1972 Etat de siège Costa-Gavras

1974 Section spéciale Costa-Gavras

1975 Ce gamin-là Renaud Victor

1976 Désert des Tartares (Le) Valerio Zurlini

1981 quarantièmes rugissants (Les) Christian de Chalonge

1984 peuple singe (Le) Gérard Vienne

1994 enfants de Lumière (Les) Yves Deschamps

1995 Microcosmos Claude Nuridsany, Marie Pérennou

1998 La Tranchée William Boyd

2000 Peuple migrateur (Le) Jacques Perrin, Jacques Cluzaud, Michel Debats

2003 Choristes (Les) Christophe Barratier

2007 Océan Jacques Perrin

en tant que : Producteur délégué

1976 victoire en chantant (La) Jean-Jacques Annaud

1978 Adoption (L’) Marc Grunebaum

1991 Guelwaar Ousmane Sembène

1991 Hors la vie Maroun Bagdadi

1998 Himalaya, l’enfance d’un chef Eric Valli

2002 September 11 Samira Makhmalbaf, Claude Lelouch, Youssef Chahine, [etc.]

2002 September 11 : Burkina Faso Idrissa Ouedraogo

2002 September 11 : Egypte Youssef Chahine

2002 September 11 : Etats-Unis Sean Penn

2002 September 11 : France Claude Lelouch

2002 September 11 : Inde Mira Nair

2002 September 11 : Iran Samira Makhmalbaf

2002 September 11 : Israël Amos Gitai

2002 September 11 : Japon Shohei Imamura

2002 September 11 : Mexique Alejandro González Iñárritu

2002 September 11 : Royaume-Uni Ken Loach

2003 Vie comme elle va (La) Jean-Henri Meunier

2007 Faubourg 36 Christophe Barratier (prochainement)

Source : Bibliothèque du film / CNES-TV

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