CLAUDE BERRI

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CLAUDE BERRI
CLAUDE BERRI
 

Biographie :

Né (le 1er juillet 1934 à Paris) d’un père polonais et d’une mère roumaine. Son pseudonyme,  » Berri « , vient de son deuxième prénom,  » Berel « , que l’employé de l’état civil avait déformé en Beri. Deux de ses fils, Julien Rassam et Thomas Langzman, sont acteurs. Son beau-frère, Jean-Pierre Rassam, est producteur.

Parallèlement à son métier de fourreur, il suit des cours d’art dramatique. Avant de réaliser son premier film, il obtient quelques rôles au cinéma et à la télévision. Il réalise trois courts métrages dont Le poulet (1963) pour lequel il obtiendra un Oscar à Hollywood.

Chaque film de Claude Berri confie une expérience personnelle au public. C’est particulièrement vrai au début de sa carrière avec des films d’inspiration autobiographique tels que Le vieil Homme et l’enfant (1966) ou Le cinéma de papa (1970) (qu’il coécrit avec son père). Il continue son autoportrait avec des films plus décevants : Le pistonné (1969) pour le service militaire, La première fois (1976) pour les premières expériences sexuelles. Avec Tchao pantin (1983), Claude Berri rompt avec ses obsessions et utilise Coluche à contre-courant dans un genre nouveau pour lui : le film policier réaliste.

C’est en finançant ses propres films que Claude Berri se lance dans l’activité de producteur avec sa société Renn Productions, que Pathé prendra plus tard dans son giron. A partir de la fin des années 60, il finance de nombreux longs-métrages, en prenant soin d’alterner comédies populaires -il produit la plupart des films de Zidi-, cinéma d’auteur (L’ Homme blessé, Trois places pour le 26) et projets hors-normes : Tess, de Polanski (1979), Valmont de Forman (1989), L’ Ours et L’ Amant d’Annaud. En tant que cinéaste, après quelques films contemporains -en particulier Tchao Pantin, avec Coluche à contre-emploi-, Berri puise dans le patrimoine littéraire et historique français et signe plusieurs oeuvres à gros budget qui font la part belle aux comédiens : le diptyque Jean de Florette-Manon des Sources en 1986, puis Uranus, Germinal et Lucie Aubrac. Acteur à l’occasion, il campe un exhibitionniste dans Stan the Flasher de Serge Gainsbourg.

A la fin des années 90, Claude Berri continue d’occuper une place centrale dans le paysage cinématographique : producteur des champions du box-office Astérix et Obélix contre César et -en association avec son fils Thomas Langmann- Mission Cléopâtre, il investit aussi dans des premiers films (Ma femme est une actrice, Didier) et des oeuvres saluées par la critique (Les Sentiments). Très affecté par le décès de son ex-femme Anne-Marie puis de son fils Julien Rassam, Claude Berri revient, comme réalisateur, à un cinéma plus personnel : après La Débandade (dans lequel on retrouve son personnage de Claude Langmann), il poursuit son exploration du couple, de la rencontre à la rupture, avec Une femme de ménage, adapté du roman de Christian Oster, puis L’ Un reste, l’autre part, film aux accents autobiographiques qui mêle la comédie au drame. En 2003, cet amateur d’art contemporain et de photographie est élu président de la Cinémathèque.

Ses responsabilités professionnelles sont variées – il est aussi distributeur avec sa société AMLF-Paris. Cette diversité se retrouve dans sa collaboration avec des acteurs aussi divers que Coluche, Yves Montand, Daniel Auteuil et Renaud.

Interview (extraits) :

Un tête-à-tête d’une vingtaine de minutes avec le roi du cinéma français est trop court pour parler des nombreux pics d’une carrière aussi riche en classiques. Après nous avoir confié quelques infos sur sa dernière réalisation – L’émouvant L’un part, l’autre reste –, Claude Berri se penche sur ses plus gros échecs… qui ne sont pas mauvais pour autant. La marque d’un grand monsieur du cinéma !

Quel est le seuil minimum d’entrées qu’il faudrait réunir par rapport au budget de L’un reste, l’autre part ?

Je vise le maximum, mais seul le public décide. Il faudrait dépasser le million d’entrées, déjà, pour commencer…

Depuis quelques années, vous avez délaissé les grosses productions pour des films plus intimistes. Cela ne vous manque pas ?

Pas du tout. J’étais en manque d’inspiration personnelle après Je vous aime. J’ai eu la chance de lire Tchao Pantin, puis il y a eu Jean de Florette, et je suis donc rentré dans une période d’adaptations. Mais dès que j’ai pu revenir, avec La Débandade, à un cinéma plus proche de ma vie, je l’ai fait. Une femme de ménage à part, puisque cela part d’un livre.

Si vous deviez choisir entre la production et la réalisation ?

On est beaucoup plus concerné quand on réalise, c’est plus exaltant. Il est évident que si j’avais ce choix à faire, je choisirais de ne plus produire.

Imaginez-vous faire un film sur Serge Gainsbourg ?

Il y a tellement de documents sur lui qu’on pourrait faire un documentaire. Je ne crois pas du tout en une fiction sur lui, en tout cas je ne m’y lancerai pas.

Vous lisez beaucoup de scénarios ?

Heureusement, j’ai quelqu’un de très bon au bureau qui les lit avant moi. En admettant qu’on m’envoie deux ou trois scénarios par semaine, je passerai mon temps à les lire. À ma connaissance, je n’ai pas le souvenir d’un scénario anonyme arrivé et qui a donné suite. Je m’intéresse d’abord aux metteurs en scène. Je peux produire un premier film, mais avec des types comme Alain Chabat, Yvan Attal…

Qu’est-ce qu’un très bon lecteur ? Quelqu’un qui partage la même vision que vous du cinéma ?

Pas forcément. Un bon lecteur lit un scénario et pense qu’il pourrait faire un bon film ; encore faut-il savoir qui va le réaliser… Un film, c’est d’abord un metteur en scène.

Vous avez un point de vue commercial quand vous lisez un scénario ?

On ne sait jamais à l’avance. Quand j’ai produit La Reine Margot, je savais que j’allais perdre de l’argent, mais pas à ce point, car le budget a été largement dépassé et nous n’avions qu’une seule séance le soir. Les États-Unis refusaient de sortir un film aussi long, et Patrice Chéreau avait fini par faire des coupes pour qu’il y ait quatre séances quotidiennes. Il revendique désormais cette version.

Valmont, quant à lui, est sorti à un mauvais moment…

Stephen Frears et Milos Forman se sont embarqués au même moment dans une adaptation des Liaisons dangereuses, et il se trouve que le Frears est sorti en premier et a beaucoup plu. Le public n’allait pas retourner voir la même histoire, même si Valmont est un film magnifique et différent. Je porte la responsabilité de cet échec.

Vous saviez que Frears était sur ce projet ?

Non. Nous aurions pu le vendre à une quantité énorme de territoires et cela ne s’est pas fait. Nous étions très optimistes. Trop. Nous pourrions aussi parler d’un autre échec que j’aime beaucoup, le dernier film de Jacques Demy, Trois places pour le 26.

Comment expliquez-vous cet échec ?

Yves Montand avait déclaré à la télévision que les Français devaient se serrer la ceinture et que lui-même avait reçu de l’argent pour faire l’émission. Le Canard enchaîné s’était déchaîné et d’autres journaux avaient suivi. Montand en avait vraiment souffert. Et puis, l’histoire du film tournait autour de l’inceste. Pourtant, le film avait bien été accueilli lors des projections avant la sortie… Le Cinéma de papa, en 1970, avait connu une autre situation. Il s’était fait assassiner par la critique, et trente ans plus tard certains parlent de film culte ! Des échecs, il en faut. Il y a des creux et des bosses dans le cinéma, on doit les accepter.

Vous pourriez reproduire un film de Milos Forman ?

Il est aux États-Unis maintenant, et c’est compliqué d’y produire un film.

Que pensez-vous de l’exercice de la promotion ? Vous étiez partout à la télévision ces derniers temps…

Cela ne m’amuse pas particulièrement, mais il faut le faire. Avec L’un reste, l’autre part, les médias s’adressaient plutôt à moi en raison du côté autobiographique du film. Il y a des émissions que certaines comédiennes n’aiment pas faire, je ne donnerai pas de nom… En Amérique, les acteurs, dans le domaine de la promotion, sont plus consciencieux.

Vous le regrettez ?

Bien sûr ! Dans mon prochain film, tiré du livre d’Anna Gavalda Ensemble, c’est tout, Charlotte Gainsbourg interprètera le rôle principal, et sur ce film je ne participerai pas à toute la promotion car je serai juste le metteur en scène d’une histoire que je n’ai pas écrite. Il faudra que Charlotte assure la promo !

Trouvez-vous qu’elle est de plus en plus à l’aise devant une caméra, vous qui la connaissez depuis son plus jeune âge ?

On s’entend bien et elle a un talent magnifique. Je n’ai pas eu vraiment besoin de la diriger. Elle s’implique aussitôt dans le personnage, et elle éprouve les sentiments de chaque situation.

Quel est votre rêve de producteur le plus fou ?

Vous savez… Les rêves, je les réalise. Les rencontres m’importent plus.

Rédigé le 11/01/2005 par Didier Verdurand

Filmographie en tant que :

* Producteur :

Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (2004), de Yvan Attal

San Antonio (2004), de Frédéric Auburtin

Les Sentiments (2003), de Noémie Lvovsky

Le Bison (et sa voisine Dorine) (2003), de Isabelle Nanty

Une Femme de ménage (2002), de Claude Berri

Amen (2002), de Costa-Gavras

Astérix et Obélix : mission Cléopâtre (2002), de Alain Chabat

Les Rois mages (2001), de Didier Bourdon

Ma femme est une actrice (2001), de Yvan Attal

La Boîte (2001), de Claude Zidi

Mauvaise passe (1999), de Michel Blanc

Astérix et Obélix contre César (1999), de Claude Zidi

Le Pari (1997), de Didier Bourdon

Arlette (1997), de Claude Zidi

Lucie Aubrac (1997), de Claude Berri

Didier (1997), de Alain Chabat

Le Roi des Aulnes (1996), de Volker Schlöndorff

Les Trois frères (1995), de Bernard Campan

La Reine Margot (1994), de Patrice Chéreau

La Séparation (1994), de Christian Vincent

Germinal (1993), de Claude Berri

Une Journée chez ma mère (1993), de Dominique Cheminal

L’Amant (1992), de Jean-Jacques Annaud

Uranus (1990), de Claude Berri

Valmont (1989), de Milos Forman

Trois places pour le 26 (1988), de Jacques Demy

L’Ours (1988), de Jean-Jacques Annaud

La Petite Voleuse (1988), de Claude Miller

A gauche en sortant de l’ascenseur (1988), de Edouard Molinaro

Hôtel de France (1987), de Patrice Chéreau

Le Fou de guerre (1985), de Dino Risi

Les Enragés (1984), de Pierre-William Glenn

Tchao pantin (1983), de Claude Berri

L’Africain (1983), de Philippe de Broca

La Femme de mon pote (1983), de Bertrand Blier

Banzaï (1983), de Claude Zidi

Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (1982), de Jean Yanne

Je vous aime (1980), de Claude Berri

Inspecteur la bavure (1980), de Claude Zidi

Tess (1979), de Roman Polanski

Un moment d’égarement (1977), de Claude Berri

La Première fois (1976), de Claude Berri

Le Mâle du siècle (1974), de Claude Berri

Pleure pas la bouche pleine (1973), de Pascal Thomas

Le Cinéma de papa (1971), de Claude Berri

L’Enfance nue (1970), de Maurice Pialat

Le Pistonné (1970), de Claude Berri

Mazel Tov ou le mariage (1968), de Claude Berri

* Producteur délégué :

La Graine et le mulet (Prochainement), de Abdellatif Kechiche

La Maison du bonheur (2006), de Dany Boon

L’Un reste, l’autre part (2005), de Claude Berri

L’Homme blessé (1983), de Patrice Chéreau

* Producteur exécutif :

Gazon maudit (1995), de Josiane Balasko

* Coproducteur :

Je t’aime, moi non plus (1976), de Serge Gainsbourg

* Producteur associé :

Mookie (1998), de Hervé Palud

Source : Allocine / Ecran Large

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