TIRE A PART de Bernard RAPP

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TIRE A PART
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Synopsis

L’éditeur Sir Edward Lamb reçoit en Angleterre son ami français l’écrivain Nicolas Fabri. Celui-ci le presse de lire le manuscrit de son dernier roman : un chef-d’oeuvre. Sauf que la femme qui se suicide dans le roman a été la maîtresse d’Edward trente ans auparavant en Tunisie. Edward comprend que Nicolas est celui qui l’a poussé au suicide. Sa vengeance sera terrible : il joue de ses relations pour que le roman obtienne le Goncourt, mais il le traduit en anglais pour créer de toute pièce une vraie fausse édition du livre, qui serait paru dans l’anonymat cinquante ans auparavant. Le scandale du plagiat éclate.

Critique

Que devions-nous attendre de ce premier film de Bernard Rapp ( journaliste mais également présentateur de l’émission littéraire ” Caractères “, sans compter ” L’Assiette Anglaise ” ) ? Un rien guindé ( ah ce fameux flegme british… ), plutôt intellectuel dans l’approche, ce petit joyau est un magistral thriller psychologique, digne d’un scénario d’Hitchcock et le cinéaste surprend son monde. Pas une once d’action ne vient pimenter cette œuvre, pas une goutte de sang ne parvient à faire frémir mais Bernard Rapp réussit le tour de force de proposer un suspense des plus palpitants. En ayant compris tout simplement qu’avant de noyer un film dans des avalanches d’effets spéciaux, d’horreur visuelle, de scènes violentes, d’action, il existe également le moyen de réaliser un long-métrage qui scotchera le public avec une histoire en béton. Et c’est bien ce genre de films, pour peu que l’on accepte d’ouvrir son esprit, qui pourrait plaire à tous les aficionados passionnés d’horreur, d’histoires diaboliques ou nostalgiques du lieutenant Colombo. Même si le film paraît cérébral à souhait, la manière dont la vengeance s’exprimera va faire renouer les amateurs de frissons avec le cinéma plutôt intellectuel. Bernard Rapp glisse sa caméra sur les traces de l’éditeur et accompagne son point de vue, prenant fait et cause pour lui. Mais les représailles étant grandioses et limite malsaines, le cinéaste offre une ultime chance au traître de se racheter, pour ne cautionner les actes de son héros qu’en dernier ressort. Ainsi même lorsque le publiciste essaiera d’aider le meurtrier en lui laissant une possibilité d’échapper à sa vengeance – mais il n’obtiendra aucun remord – le sort en sera jeté et indirectement, le cinéaste cautionnera les actes de son personnage principal. Le piège qui se refermera alors sur l’assassin sera d’une logique sans faille. Le dénouement final se révèlera étonnant et sans en divulguer les moindres détails, tous ceux qui regarderont ce film seront happés par l’histoire.

Les acteurs tiennent parfaitement à bout de bras leur rôle, que ce soit Terence Stamp avec une sérénité britannique irréprochable, Daniel Mesguich dans le rôle du parfait salaud ( faire mieux ou pire selon paraît même impensable ), Jean-Claude Dreyfus sombrant dans l’inquiétude ou encore Maria de Medeiros en critique acerbe. Les rôles plus éloignés ont été étudiés également à la perfection, Amira Casar témoignant de ses fabuleux talents d’actrice pourtant pas encore reconnus à leur juste valeur. Le seul bémol vient de la doublure en français, puisque Terence Stamp devait parler anglais pendant le tournage et là, le fait de remettre une autre voix par dessus la sienne laisse à désirer. Il aurait d’ailleurs été judicieux de mettre une piste son avec les véritables voix lorsque les protagonistes parlent anglais ou français, en corrélation avec le film bien sur. Mais ne boudons pas ce détail, la force du film compensant amplement ce petit impair.

…un véritable must du film de suspense, avec un soupçon de culture british à déguster. Du très grand art dont on retiendra que l’histoire de ce crime a pour arme rien d’autre qu’un roman. La morale d’ailleurs très implicite mais forte concluera : qui pêche d’orgueil par l’écriture périra par l’écriture. Bernard Rapp, en réalisateur audacieux, vient de placer la barre très haut pour son premier film.

Source : http://films.cultes03.free.fr

Liste technique :

Réalisation : Bernard Rapp

Scénario : Richard Morgiève et Bernard Rapp

d’après le roman de Jean-Jacques Fiechter

Producteurs : Boudjemaa Dahmane / Joël Foulon

Producteurs exécutifs : Cléo Daran / Jean-Pierre Fayer / Mo Teitelbaum-Kestrel

Directeur de la photographie : Romain Winding

Montage : anna Basurco

Directeurs de roduction : Moslah Kraiem / Bill Shephard

Compositeur de la musique : Jean-Philippe Goude

Liste artistique :

Terence Stamp : Edward Lamb

Daniel Mesguich : Nicolas Fabry

Maria de Medeiros : Nancy Pickford

Jean-Claude Dreyfus : Georges Récamier

Frank Finlay : John Rathbone

Hannah Gordon : Doris

Amira Casar : Farida

Gérard Bôle du Chaumont : Auteur Grunge

Charles-Antoine Decroix : Docteur Bloch

Arno Feffer : Avocat Nancy

Emmanuel Fouquet : Journaliste Radio

Huguette Maillard : Yasmina

Sophie Mounicot : Fabienne

Brigitte Morel : Pilar

Eric Prat : Maître Leriche

Sortie en salles : 22 janvier 1997 – 85 minutes

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