DEBURAU de Sacha GUITRY

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DEBURAU
DEBURAU
 

SYNOPSIS

Art, amours et désillusions d’un grand mime du XIXè siècle : Jean-Gaspard Deburau.

En 1839, Deburau est un grand mime qui remporte un véritable triomphe au théâtre des Funambules, et concquiert l’assistance féminine à chaque spectacle. Mais l’homme est fidèle à sa femme dont il a un petit garçon. Un jour, une femme élégante qui porte un camélia à la ceinture vient le féliciter de sa préstation.

Sa passion impossible pour La dame aux camélias, ses joies et ses échecs, ses conflits avec son fils qui veut suivre ses traces…

Une vie revue et magnifiée par Sacha Guitry, dans ce film adapté de sa célèbre et étincelante pièce. Séduisant et impressionnant.

Sortie Paris : 29 juin 1951

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Anecdote

Le 23 novembre 1950, souffrant le martyre, Sacha GUITRY atteint d’un grave ulcère, doit interrompre les représentations de Deburau (qu’il a reprise sur la scène du Gymnase depuis le 28 septembre).

Ce soir-là, les « adieux au théâtre seront plus vécus que joués. Tout le monde pleure sur le plateau, en coulisse et dans la salle…

Notre héros a exigé de connaître la vérité sur son état :

– Je ne vais tout de même pas mourir d’un jour à l’autre ?

– Nous n’en sommes pas encore là… mais l’opération est urgente…

– Ai-je quelques jours devant moi ?

– S’il le faut absolument…

– C’est bien !

Désireux de laisser une sorte de « testatment spirituel », le Maître convoque alors ses comédiens :

– J’ai décidé de tourner Deburau, dès la semaine prochaine !

Pas question, bien entendu, de le raisonner : Lana (Marconi, sa femme) elle-même ne s’y risquerait pas !

Le 2 décembre, il entreprend donc cette nouvelle aventure, dans des conditions physiques effroyables… Mais, cette fois encore, la nature est plus forte que l’esprit : Sacha, souffrant le martyre, couvert de sueur, ne peut plus articuler un mot. Il est forcé de suspendre le travail :

– Ne vous inquiétez pas : dans quelques jours, nous reprendrons !

Et il tient parole ! Du 11 au 23 décembre, il réalise le film de sa pièce, incarnant lui-même ce personnage écrasant, sans marquer la moindre trace de nervosité !

Extrait de « SACHA GUITRY – Cent ans de théâtre et d’esprit » de Jacques Lorcey – Editions PAC – 1985

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Extraits des dialogues du film DEBUREAU

Le dernier acte. Les conseils de Debureau (Sacha Guitry) à son fils :

(…) Adore ton métier, c’est le plus beau du monde !

Le plaisir qui te donne est déjà précieux,

Mais sa nécessité réelle est plus profonde :

Il apporte l’oubli des chagrins et des maux.

Et ça, vois-tu, c’est encore mieux –

C’est mieux que tout, c’est magnifique et tu verras,

Tu verras ce que c’est qu’une salle qui rit,

Tu l’entendras.

ça, c’est unique, mon chéri.

Oh ! Le bruit que ça fait, tu verras, c’est très beau.

Imagine un très grand silence :

On vient de lever le rideau.

Un silence absolu, complet…

On entendrait voler un imprèsario !

Soudain, tu viens de faire une chose qui plaît,

Un geste inattendu, comique… et ça commence

Tout à coup !

Car ça commence d’un seul coup.

Et voilà

Le silence rompu qui vole en mille éclats !

Le public s’abandonne à l’immense rafale

Qui gronde et le secoue –

Et le rire au galop qui traverse la salle

Emporte tout,

Les chagrins, les soucis

Et les peines.

Et comprends bien ceci,

Comprends que c’est pour ça qu’ils viennent.

A ceux qui font sourire on ne dit pas merci –

Je sais, oui, ça ne fait rien,

Sois ignoré.

Va donc laisser la gloire à ceux qui font pleurer.

Je sais bien qu’on dit d’eux qu’ils sont  » les grands artistes  » –

Tant pis, ne soit pas honoré.

On n’honore jamais que les gens qui sont tristes.

Sois un paillasse, un pitre, un pantin – que t’importe !

Fais rire le public, dissipe son ennui,

Et, s’il te méprise et t’oublie

Sitôt qu’il a passé la porte,

Va, laisse-le, ça ne fait rien,

On se souvient

Toujours si mal de ceux qui vous ont fait du bien !

Mais, peut-être qu’un jour alors tu connaîtras

Ce bonheur ignore de la gloire ephémère,

Ce bonheur qu’on n’achète pas –

Oui, peut-être qu’un jour tu seras populaire !

Et ça, vois-tu, c’est presque aussi bon que l’amour.

(…)

GENERIQUE

Sacha Guitry Jean-Gaspard Deburau/SachaGuitry

Lana Marconi Marie Duplessis

Henri Belly Un journaliste

Georges Bever Laurent

Claire Brilletti Clara

Jean Danet Armand Duval

Christine Darbel Honorine

Jacques de Féraudy Le docteur

Jacques Derives Laplace

Jacques d’Herville

Jean Duvaleix Robillard

Luce Fabiole Mme. Rébard

Françoise Fechter Justine

Michel François Charles Deburau fils

Jeanne Fusier-Gir Mme. Raboin

André Gombert

Andrée Guize Une dame

Yvonne Hébert La caissière

Henry Laverne L’aboyeur

Max Morana Ménard

Robert Seller M. Bertrand

Produit par Jean Berard / Raymond Borderie

Compagnie Industrielle et Commerciale Cinématographique (CICC)

Musique nouvelle et adaptation musicale Louis Beydts

Musique André Messager

Directeur de la photographie Noël Ramettre

Montage Raymond Lamy

Décorateurs Marc Desages / René Renoux

Costumes Fernand Sursin

Directeur de production Brioux

Le 21 septembre 1951, le film DEBURAU a été censuré au Québec pour le motif : ADULTERE

LE CHEF D’OEUVRE DE SACHA GUITRY ET SON PLUS BEAU ROLE

directeur de production producteur cinema television productrice tournage plateau comedien

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